livre d’heures…

 

Mardi, avril 2000

Plusieurs heures en atelier, oscillant entre zincs et masonite j’écoute le trait, la ligne, la tache. Une fois encore je prendrai la route à vélo, je suivrai le clocher de l’église pour trouver l’arrêt de bus qui me mènera ailleurs quand je serai prête.  Trouver! Turnhout 15 minutes de route, mon prochain voyage, essai routier et il y a un marchand de papier. Je retourne à mon repère heureuse de trouver fruits et fromages, miens. Ce soir rendez-vous dans la maison des polonaises. Une rencontre arrosée de vodka et d’efforts d’interprétations, le polonais, le flamand, le français et l’anglais sont au rendez-vous sans oublier les fromages de Charles van Gisbergen. Trinquons à notre résidence d’artistes au Frans Masereel Centrum de Kasterlee. Pour moi la première, pour les autres multiples récidives. Un privilège pour moi d’y être parmi ces artistes confirmés. Wied Groenland et Hendrick de Hollande sans oublier Jacominh den Engelsen, Terry de San Francisco, notre hôte Gosia Seweryn polonaise, Maristella Salvatori du Brésil …

Mercredi

Se réveiller chez-soi dans les Flandres. Brûler un croissant pour parfumer sa maison d’une odeur connue. En route pour Turnhout. Une journée d’encre.

Jeudi Vendredi Samedi

Je nage en eaux fortes de jour, dans nos ateliers assignés, puis m’installe dans le silence de ma cabane le soir. J’adopte rapidement ma table à dessin pour réfléchir, griffonner, écrire. Jeter sur papier des mots qui lient, qui poussent …

dé-collages …

Centrum-memoria-suare-carnets de voyage-departure-itinéraire-plat pays-chemin de pluie-l’arbre pauvre-résonances-la traversée-cap d’encre …

 

Le lapin me regarde …

 

 

 

 

livre d’heures

après la fête revenir au coeur de mes carnets …

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18 mai 2001

 

Et je reviens à mes traces répétées, écritures de silence, comme l’écriture de l’eau, comme la mer, sans cesse autre, sans cesse même, signes croisés, signes superposés, signes juxtaposés que je travaille sur du géofilm, du papier, papier sec, papier mouillé, pinceau sec, pinceau mouillé ou même, encore, en gravure avec des encres prêtes, superposées à des encres diluées à l’huile de lin entre autres : Ici, les griffes dans l’eau j’écris au touché, reviennent, écriture du cœur, de l’âme, écriture pour se sauver, pour se centrer.

Lundi, fête de la Reine… je termine ma lecture, en fait, j’arrête le temps d’écrire. Quelques instants cette pensée vaste ou vague, au flou et si j’arrêtais, je stoppais, ici, là, maintenant de saisir des morceaux de temps, de les habiter, de les décortiquer, de les tendre, de les étaler, si…si je m’instruisais, me nourrissais de mes lectures, j’aurais du temps pour me reposer, me recentrer. Si cette année je terminais lentement mes explorations, mes Optogrammes, si je les imprimais avec mes textes d’adieu, de démission. Si j’abandonnais ici mon aventure de graveur.

J’ai peur ici, une peur bleue de ce que j’écris.

 

livre d’heures…

1995

Journal intime…et si je salissais le fond de mes coffrets, de mes encres, de mes mots, de mes collages. La civilisation de l’écriture Roger Druet/Herman Grégoire

Mur, murmure, mûrier mourir

Mes papiers cassés, carrés de soi, carrés de soie, caresse fine à chaque jour, effleurement, et si mes carrés étaient intégrés au fond chine collé avant de jouer et si mes carrés étaient peints sur mes fonds avant ou après ? Laminer ensemble les feuilles semaines, les coudre ensemble, texte écrit au plomb, puis à l’encre en superpositions. Suite plutôt que série. Mes mots, secrets, mes différences. Eaux fortes recouvertes de gouache, de mine de plomb, noir et blanc traces saignantes.

            Composition et explication Gertrude Stein

Description : nombre d’éléments variables, dimension totale variable, aucun ordre obligatoire, disposition variable.

 

Margeries L’espace littéraire Le texte et le corps La confession coupée Livre des ressemblances L’écriture comme geste

 Les portes de toile Un corps sans ride Le génie de la ponctuation Le monologue du peintre

Journal de Robert Groborne Une lecture Les Georgiques de Claude Simon Répertoire International de la littérature de l’art Disque de Phoestos Psautier Stèle punique Bois parlant Les vanilliers So,shin I  II  III IV

L’homme regarde. Il regarde cette femme drapée de nuit, cette femme enturbannée de nuit, cette femme jamais complètement détachée du sombre et de l’inconnu…

Effraction  La poésie du tiroir  Le Dé bleu  Le Noroît

 

Je souffre le langage

J’accoste le mot glissant des méandres de ma tourmente

Mes images ne veulent pas crever

Papier pollué décharge de lettres et de mots

Sur la page le tremblement du jour : tu disais que les mots sont morts

 

 

traces de carnets (en cours)

en transcription…

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Écho d’ombre

Mes écrits ne portent pas de messages traduisibles, ils sont mouvements mis en bandeaux, je travaille par effacements.

 

 

 

 

Page blanche- pour inscrire le mot, la parole, le son, l’être dit. La page blanche message parfait ouvert à tous les possibles.

Persévère, n’exerce pas l’art seulement mais pénètre en son être intime. Seuls l’art et la science élèvent l’âme…Beethoven

 

Des pas sur la neige  Silence de John Cage

livre d’heures…

Ces jours-ci je travaille sur les pages de mon site depuis la fin de mon Baccalauréat en Arts visuels à l’Université Laval, il y a la page Mes expositions en construction et la page Mes carnets en constructions…mais vous avez accès à ces pages pour suivre l’évolution…

Bonne visite…

mais oui c’est bien moi et quel toupet! ma carte étudiante de l’époque

 

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livre d’heures…

 

Dès notre arrivée à la montagne nous sommes assaillis par un trio guerrier de corneilles. Nous sommes sur leur territoire, nous franchissons leur frontière pour nous installer dans notre cabane le temps d’un été.

Désolés chevaliers au plumage noir, vos croassements justifiés irritent,  vos ailes immenses planent et déposent le son sourd et lourd de votre chair sur l’auvent au passage mais vos hurlements ne nous ferons pas reculer. Il vous faut taire cette colère nous ne sommes pas là pour chasser.

Malgré cet accueil rebutant notre première nuit  sous la canicule sera vertigineuse. Les chorales de noctuelles et d’anoures s’unissent pour nous offrir un spectacle unique et inégalé de démesure.

Ttrrrit-ttrrrit-ttrrrit-ttrrrit-ttrrrit-ttrrrit, Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz, Tttrréch- Tttrréch- Tttrréch- Tttrréch- Tttrréch- Tttrréch- Tttrréch- Tttrréch- Tttrréch …………toute cette nuit bercée

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