livre d’heures…

 

Parcourir le lieu

S’abandonner au silence

Longer des abîmes

Goûter l’espace elliptique

S’interrompre

Effleurer du regard la ligne de faîte

Dessiner du temps sur la toile de jour

Écrire des mots d’air

Des perles de verre

Peindre des taches humides

Couleur d’éther

 

Sur les Plaines d’Abraham été 1996 dp

 

Colloque hiver 1996

 

Au timbre d’une voix

Surgissent mille empreintes

À l’affût du passé

Accoster l’âme émue ce morceau d’avant

Rire ses rondeurs géantes

Pleurer ses tresses blondes

Compter nos rides

 

En croisant au Musée une amie d’enfance Josée Leclerc

 

 

 

Dedans dehors

Assise là

Dans cette parenthèse

Où s’éclate un soleil

Où court la brise fragile

D’un printemps qui s’étire

Elle songe rêveuse

 

Elle balbutie encore cette maternité qui l’habite

Depuis l’avant naître

Elle ébauche sa venue

Fleure l’éclosion

 

Elle manifeste dans la chambre de sa mère

Sur les rives belles d’un lac

Elle en porte toujours de bleus souvenirs

 

Surprise abusée

À son tour

Enfante à la crèche

D’une ville grise, austère

Sans lac

 

… dans une chambre des naissances

Sur les bords d’une rivière grande

Dépose un miracle

 

Aujourd’hui doucement elle boit la lumière des choses belles, tend l’oreille à la musique des vents, savoure la profusion des parfums, partage des mots tendres, caresse les pétales du monde. Tous ses sens accordés elle renaît délivrée.                Été 1997 dp

livre d’heures…

 

Dès l’enfance je possède cet esprit artistique venu des générations de fibres textiles qui coulent dans mes veines…. J’ai fait mes premiers pas appuyée sur des pièces de lin, celles de laine, j’ai effleuré les soies, pressé les cotons…

Les batistes, les broderies anglaises, les dentelles, les marquisettes, les organdis, les tulles, les voiles, sont mes livres d’enfant….

Mes papiers d’aujourd’hui m’entourent de la même manière, je les choisi pour leurs affinités électives, tons, textures, papiers fins, papiers bruts, matières mémorisantes …text-îles. Le papier est une matrice souple qui accueille l’écriture de l’intériorité, comme le textile garde la trace du corps dans ses plis.

aun fragment de mémoire: dans le commerce de maman

livre d’heures…

jardin (3)

un jardin grand comme un grain de moutarde…

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encyclopédie singulière

encyclopédie singulière (2)

(détail)

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tambour d’eau…

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Denise Pelletier – the dot’s silence with value.

 

Transparency and breath happiness – a kind of air movement and fragrance merging. Each element wants to be understood not even by the eye.

I have come by the Denise Pelletier’s works with some different kind of emotion: like that – to not chip away a drop of dew from a leaf of dandelion from my garden.

The tactile is present. The eye could not see always.

The white color weight down your heart, the thin paper sustains unconditionally, the printed verse takes values from the organized dots.

Don’t waiting for shocking elements!

Don’t thinking to exaltation!

Be introspective!

Think to a wave and to his inverse flow.

Somewhere without gravitation.

You don’t smile, you don’t cry, you don’t breathe, because you are aware of fragility. If you inhale too much it could be wrong – it is possible to move the silence.

Please take a sit and don’t say anything.

Please come tomorrow and also don’t say anything.

Then read poetry.

Think that the paper accepts you just in light.

Find out Denise just in clean spaces without noise.

 

Ciprian Ciuclea –