Carnet 2003 à suivre

2003

 4 janvier

Que m’arrive t’il? Qué sé passe? Tension extrême au travail, l’air manque. Qu’advient-il de notre belle ambiance, plus rien ne va…celle qui reste, enfin celle qu’on garde est la plus désagréable, pourrie. Celle qu’on rejette en premier est probablement celle qui aurait le mieux fait…elle avait juste besoin d’apprendre, calmement. On lui a montré la porte. On a gardé celle qui fait hurler ses talons, celle qui dit avoir du tempérament. Celle qui chiale parce qu’on n’arrive pas à lui dédier un sourire, un mot. Parce qu’on la regarde, la supporte ahurie et qu’elle  a un besoin maladif de s’entendre bruire, faute de communiquer, qu’elle crée sa propre chambre d’écho. Elle crache des mots sans têtes, des mots idiots et elle repousse les clientes en chaise roulante, ça prend trop de place au sol.

Tension sur un mail parti de ma boîte et écrit par l’autre. Quelle merde!

Tension Jeannette; tu as le goût de tout foutre en l’air, vas-y, ils méritent ces éclats. Flush et garde la tête haute, je t’aime Jeannette pour la tête, pour le cœur. Et ces mauviettes qui tendent l’oreille à leur dire, leurs discours. Dieu! Qué sé passe? Elle ne bouge pas l’eau, ne crie pas, sourit.

L’œil sournois, elle dit comme, arrive même à s’approprier la langue…temps mieux elle apprend à se tenir debout et elle finira par bouger.

Quel venin!

 

Je reçois aujourd’hui un courrier du Centre Frans Masereel à Kasterlee en Belgique. Un plaisir renouvelé, agréable. Je reçois des invitations à partager de notre Collectif International, les 180 artistes ayant séjourné là au fil des ans pour de longues résidences de production artistique. Je suis heureuse et fière d’en être, quelle belle reconnaissance encore. Les cartons sont magnifiques et multiplient mes joies. Être invitée, acceptée, l’œuvre envoyée, accrochée dans de nouveaux espaces en Belgique, en Suisse…

 

Et qu’advient-il de moi, moi tout court, moi l’artiste? Je ne suis pas tout à fait arrêter, pas encore.

Aujourd’hui je relève ces notes sur des feuilles perdues, les miennes : Mon travail est intuitif, sélectif aussi, de l’ordre d’un choix esthétique. Je travaille surtout en série, cela me permet de développer l’idée jusqu’à sa plus simple expression. Les mots pour moi sont des éléments déclencheurs, mes matières plastiques. Le chant des mots dits ou non-dits me nourrissent, me mène au-delà de nulle part. Mes estampes sont d’abord des espaces de vie. Morceaux de temps volés à la vie.

L’iris révèle l’invisible fixe le silence : La dame s’arrête, ses lèvres se meuvent dans une langue morte, son regard trouble, inquiété. Elle se retourne vers moi et demande de chercher son numéro de téléphone, elle l’a oublié…elle ne sait pas lire sans ses lunettes, elle demande de noter, si on appelle quelqu’un viendra la chercher. Puis elle retombe, plutôt elle retourne dans l’endormissement. L’autre magasine calmement en articulant un discours décousu. Elle s’éloigne de sa compagne, sa fille en occurrence, qui la rappelle près d’elle. Elle devient agressive à l’appeler. Alors, sa fille emprunte une voix d’enfant «vient me chercher, vient me chercher maman…» elle se rapprochera hésitante, son agressivité tombera. Elle se meut lentement comme une algue au fond de la mer.

 

Le pissenlit (vase fragile ou femme) le citron (symbole de la simplicité, beauté et amour).

 

Projet « quoi que nous soyons en train de faire à un moment donné, nous ne devons pas perdre de vue que ce que nous faisons est en corrélation avec notre nature profonde. Là réside la poésie.» Bashô

            «Je pars pour un voyage de mille li, sans emporter de provisions avec moi. Sous la lune de la troisième veille je pénètre dans le rien de spécial.» Bashô

            Je pars à la recherche de mon intime. Aller, ne rien faire, faire le vide, déstructurer la réalité, soi-même, laisser venir, s’inspirer de la banalité. La seule forme de projet possible est celle qui propose une méthode qu’institutionnalise le fragmentaire.

John Cage est l’instigateur d’une telle méthode. Un artiste n’a pas à témoigner de son époque, il est fait d’elle.

Mon répertoire de contradictions, fait d’affirmations et de négations, de choix et de renoncements, de corrosion et de protection.

«Je n’apprends ce que je cherche qu’en peignant» c’est ce que je fais qui m’apprends ce que je cherche. Pierre Soulages

Ou «Pousse sur ta propre tige» Marthe Wery.

Ces deux dernières citations affirment et confirment ceci : le style résulte de multiples rapports entre une pratique, la réflexion sur cette pratique et le tempérament de la personne qui pratique et réfléchit.

Je crée d’abord pour moi parce que c’est une nécessité personnelle, intime, qui rend ma vie possible.

La réalité de l’œuvre c’est le triple rapport qu’il y a entre l’artiste, son travail et celui qui regarde.

Je ne prémédite pas mon travail, pas non plus ma démarche, mais me nourrissant de voyage littéraire, planétaire…j’évolue au fil du temps saisi. Je vis, je change, mon travail évolue mais je reste fidèle à des choix, à des goûts, sans doute à ma nature.

Quelque fois l’effacement est quelque chose de productif, souvent plus que l’intention affirmée et développée. D’ailleurs, pourquoi le développement? Soulages

 

Catalogue Soulages par Pierre Encrevé, Poésie involontaire et Poésie intentionnelle par Paul Éluard 1989, L’écriture fragmentaire par Françoise S.Anastopoulos 1997, Auteur Hawad, Roberto Juarroz 1987

Le simple garde  le secret de toute permanence et de toute grandeur. Heidegger (Rotko)

 

«So ist es» Hegel devant les Alpes

 

9janvier 2003

 

Entrer dans son bus comme à l’habitude, dire machinalement c’est bien le 87? Voir le chauffeur se lever, se baisser vers la vitre avant comme pour lire le carton extérieur, se rassoir et dire ce doit être ça, vous ne savez pas lire?

 

Lorsqu’on s’écarte du zen, les montagnes sont les montagnes, les fleuves sont les fleuves. Lorsqu’on entre dans le zen, les montagnes cessent d’être les montagnes, les fleuves d’être les fleuves. Mais, lorsqu’on a atteint le zen, les montagnes redeviennent les montagnes, les fleuves redeviennent les fleuves.

 

Anecdote zen : le pâturage de la vache dans l’histoire du zen.

Dans certains monastères zen se trouvent ces tableaux : 1-le moine entouré de gens au marché 2- le moine voit la vache et se dispose à la suivre 3-la vache dont on ne voit que la queue s’en va 4-la vache qui entre dans un bois, puis trois ou quatre tableaux qui suivent le parcours de la vache, et enfin un tableau absolument blanc. Le dernier le moine qui se trouve au marché.

 

26 virus…à bout de nerfs, delete…

 

Et il faut porter un mouchoir à son nez, sa bouche, ne pas tout prendre de Bangkok. Je porterai ces tissus à mon visage. Je protègerai ma peau, mon masque, je retiendrai les pluies, les bruines de pollution. Je garderai les nuages de poussières, celles de Bangkok et d’autour. Je rapporterai d’Asie mes fibres mémoires.

 

 

Boîte téléphonique Internationale Thaï  001 999 15 1000 …

 

26 janvier 2003

Simone et le passé refont surface. La mort en héritage, brisée.

 

L’ouvrage de dissémination présente une beauté miroitante, diffractée, re-dupliquée. Chacune de ses bribes brillant d’un éclat particulier, renvoyant et exaltant à sa manière l’image de la totalité. Les fragments seraient alors comparables à ces petites flaques d’eau qui sont déposées sur le chemin après l’averse et que la terre n’a pas bues. Chacune d’entre elles reflète tout le ciel, les nuages qui se sont déchirés et qui passent, le soleil qui luit de nouveau. Une grande mare où tout l’océan n’aurait répété le ciel qu’une fois.

 

Plus que deux dodos avant l’Asie. Je finis par choisir le livre du 11 septembre ¨ le 47’ étage¨, j’hésite longuement de peur d’affecter les douanes mais finalement j’ose. Je le lirai au moment propice pour moi. Je saurai ce que je veux connaître de ce jour ou plutôt je connaîtrai ce que je n’ai pu apprendre avant, occupée à mon quotidien.

Déjà j’avais ouïe de cet auteur victime à la télévision française et j’avais perdue trace. Après des jours de flâneries à la librairie pour trouver une lecture de vacance, je tiens ce livre dans mes mains, dans le doute pour enfin confirmer que l’intuition m’a menée là où il fallait au moment opportun.

9 février 2003

 

Décollage de Québec 9hres55 app.  Arrivés à Toronto 11hres10. À 12hres30 devant une bonne bière au restaurant de l’aéroport. Nous avons passé la douane américaine haut la main après avoir franchi la douane canadienne. Si je résume nous sommes partis un peu plus tôt avec Air Canada, nous étions confortables si nous comparons à Air Transat. Nos bagages de Québec sont passés directement du côté américain alors que nous les attendions du côté canadien. Quelques papillons…il y a toujours ces petits contretemps pour nous garder alerte sans doute. 8hres Los Angeles…

 

 

Impressions

Los Angeles

Combien de patience je devrai acquérir, ils sortent en troupeau pour quatre bagages et je découvre au bout de la file indienne qu’ils accompagnent l’être cher jusqu’au guichet. Entre temps ils usent de supercheries pour te reculer en fin de ligne …

Un instant j’ai voulu retourner sur Québec, un instant grand …  comme …

Et je me suis rappelé que pour côtoyer l’étranger il faut respecter ses modes de vie …

 

 

Nulle part

Ils font oui, ils font non, sept heures de vol  dans la peau du ciel et sans bagages. On m’a pris ma valise à main, on me la rendra à Bangkok. Pour un oui, pour un non. Tuer le temps dans ce fourgon volant, de qu’elle manière? J’appuie ma tête sur un dream-catcher qui protège l’appuie tête, la ligne rouge des mots me donne à rêver, son sceau humble carré rouge plus encore. Et je demanderai à la jeune hôtesse de me le donner, j’aurai au moins ce souvenir pour débarquer à Taipei. Elle m’en donnera un plein sac, trop. Non, j’en ferai un projet, oui …

Destination :0 :31 Taipei

Destination : 138 miles

Destination :5.46 a m mardi

Des vagues lourdes toute la nuit ont bercées mes rêves …

Taipei 

Trois heures en transit, pris au piège de l’aéroport, tout est vide, tout est fermé, nous sommes seuls en attente …

Nulle part

Trois heures quarante de vol et nous reculerons d’une heure encore. Là, tout juste là, dans mon intime fenêtre je regarde au dehors et à perte de vue un désert doucereux, un ruban de ciel bleu. Quelques trouées plus sombres laisse deviner ma terre, plutôt cette terre asiatique que je viens parcourir pour une première fois. Et pourtant depuis combien d’années je la surprends dans mes lectures, dans mes dessins, dans ma musique …

Et avant le 11 septembre comment pouvait-il vivre cet homme du 47’étage … comment était t’il secondé par cette vision singulière d’un espace aussi ouvert …

Là tout juste sous moi une ville gelée dans une pellicule patinée, comme une applique moirée sur une nappe d’organdi …un profil de jambe, une silhouette de femme, délire sous les nuages, se perdre …

Taitung : 104 km

Kaohsuing, Danang,

Je ne bouge pas, dans l’éclat de cette lumière diffuse je prends, j’aspire, je piège, je capture, m’abandonne, je fixe, je cherche, le bleu m’enivre et là mes pointes de cils se noient dans l’écume des nuages. Où suis-je? Dans une boîte de pandore? … Je dîne d’un riz en couche garni de feuilles inconnues, parfumées, piquées d’un champignon noir, gluant, acre, doux, arrosé d’un vin floral et accompagné de toffu. Le tout est complété de fruits, de fromage et de gâteau au chocolat. Yin Yang.Écrire et manger de peur d’oublier, mal écrire, manqué de mots, sans mots. Extase … et je retourne sur le dos du ciel, y prenant le thé je scrute sa colonne fébrile dessinée en dentelle fragile. Il a beau dos le ciel. Il s’habille d’un morceau de robe, il porte des faux cols … Je le quitte lentement vers Bangkok, plus qu’une toute petite heure.

Bangkok

Sous le charme du débarquement j’oublie l’attente, l’inquiétude, le retard des bagages … finalement ils sont là. Le représentant de la compagnie Tourismo nous accueille en français et nous mène à notre Hôtel  le Dusit Thanni au centre de Bangkok. Notre séjour en Asie commence là.

 

Si je faisais un croquis de mon temps présent; à Québec il est 8hres-1/4 lundi matin, il est 8hres45 mardi à Taïpei, il est donc 7hres 45 mardi matin à Bangkok.

 

Demain la visite guidée de plusieurs temples s’annonce captivante.

 

Nous cherchons le buffet prévu à notre Hôtel, introuvable. Nous irons dans le Chinatown et épuisés arrêtons notre choix sur un restaurant au menu élaboré, incompréhensible. Nos deux premiers plats, nous crèvent, le service lent, nous demandons notre facture nous voulons nous rendre à notre Hôtel. Celle-ci réglé après des pourparlers en anglais nous quittons les lieux irrités. Nous arrêtons dans un dépanneur chercher des breuvages à apporter à notre chambre. En marchant au cœur de Bangkok à cette heure tardive nous sommes vite étouffés par l’air irrespirable. Nous suffoquons. Je dois porter une lingette à ma bouche, mon nez.

Si j’essayais de décrire l’image, son parfum, sa réalité je n’y arriverais pas. Je n’ai aucun point de comparaison possible, aucun indice malgré toutes les traversées à notre actif. Bangkok est singulière, colorée de contrastes vivants indescriptibles. Surprenantes et incomparables donc…

Dans la rue, les automobiles, les motos, les gens, les travailleurs, les touristes, les moines. Sur le trottoir tous les métiers, impensables, inclus; les cuisines de rue, le poêle de camping, la vaisselle se lave sur le trottoir, les gens mangent librement où ils choisissent de s’arrêter.

 

12 février 2003

 

Déjeûné, soupé, une expérience culinaire d’exception, un service impeccable. Si Bangkok était un rêve, l’expérience culinaire vécue s’avère un supplément inattendu.

J’ai reçu deux orchidées et un petit mot ce soir à la porte de notre chambre. Elle a frappée à la porte, sourit et m’a offert ce présent. Je n’arrive pas à dormir il est 3hres du matin et je dois me lever à 5hres30 pour nous rendre au Marché flottant.

Je noterai ici en sténo ou presque : j’achèterai à Sylvie (avec ses sous) une pesée d’opium. Elle comprendra le poids du geste et l’objet raffiné la rejoint profondément.je joindrai au tout cinq dream catcher (appuie tête de China Airlines) pour sa famille et mon journal d’Asie. En art j’approfondirai un projet  (Impressions d’Asie) sur un nombre précis de ces Dream Catcher.

Dans les bus touristes, bien accrochés aux sièges il y a aussi de ces dream catchers mais, en dentelle crochetée. Oui, le raffinement va jusque-là et surprise! Même dans les bus publics.

 

13 février 2003

Marché flottant…………..

Je ne dois pas oublier ce jour coloré, engrammé à jamais. Nous partirons à 7 heures de l’hôtel, 7 heures ½ donc, toujours une demie heure de retard c’est la règle d’or ici. Nous y arriverons. Le marché est égal à ce qu’on voit partout en photo, mais plus touristiques encore. L’extirper de l’aura touristique exige des contorsions démesurées. S’asseoir dans les longues queues, embarcations obligées, demande une souplesse exemplaire. Nous y sommes arrivés sans trop de douleurs, arrosés par l’eau pollué du Klong, mais remplie d’une pratique culturelle exotique inoubliable. Baptême bouddhiste suprême. Je souhaite que les photos prises soient réussies elles devraient rendre hommage aux souvenirs. Certain, il n’y aura pas le parfum, tout comme nos visites nombreuses dans les différents temples; celui du Bouddha de marbre, le Bouddha d’Émeraude, le Bouddha d’or…Nous avons traversé le Marché aux fleurs, le Marché aux légumes, là, quelles odeurs! quels parfums! Découvrir la Thaïlande c’est par l’odorat…mystique, encensée. Ses couleurs sont parfumées, ses parfums sont colorés. Il faut garder le souvenir de l’ombre chapeautant le marché. Ambiance profonde.

 

15 février 2003

 

Samedi nous sommes entrés à Cha Am à l’heure du soupé après un voyage dangereux dans un trafic dense. L’Hôtel n’est pas comparable au Dusit de Bangkok mais la vue imprenable que nous avons sur la mer est magnifique. Ici nous commencerons par un repas bien mérité. Les lieux pour se nourrir sont simples, rien de la richesse affichée dans le Sud où nous sommes allés. Nous comparons mais jamais pour effacer les traces de nos souvenirs, plutôt pour ajouter des couleurs à nos expériences.

Mardi 18 février 2003

je commencerai ici en parlant du levé de lune, oui, levé de lune…d’hier soir. 6 heures 30 approximativement, sans mots.

Sur fond d’ombre un disque de papier, rond, translucide. D’ivoire, de pêche et d’orangé.

(Massage de pieds, délice et douleurs, 250 Bath l’heure)

Je dois aller me renseigner pour notre départ le 21 février, confirmer l’heure: 10 heures du matin. Confirmer notre vol. Notre départ de Pattaya à Turismo. Au Dusit de Pattaya demander au guide.

 

Journée dans l’eau chaude, la brise douce, nos transits, nos parasols sous les magnolias en bordure de piscine. Nous étions là en même temps que le garçon d’entretien, tôt donc, journée rêvée, journée à rêver. Denis y a même perdu son temps, sa montre dois-je dire. Pendant que moi je fantasmais sur la fleur noire d’un maillot. J’ai cru l’avoir dessiné, qu’on me l’avait emprunté. Cette fleur était du même souffle que celles de ma suite Bleu Misao, sur un fond sable et blanc, 1/3 2/3 et j’ai eu envie de reprendre mes crayons. La nouvelle suite ce sera Thelma, hommage à l’allemande sympathique, d’un âge certain, ma source d’inspiration.

La lune n’était pas au rendez-vous ce soir, trop tard je l’abandonnerai dans sa ronde de nuit, je cours dessiner.

Claire-voie partout, au marché, à l’hôtel, dans la rue…

 

 

 

 

Vingt-neuf décembre 2003

Me voilà perchée au-dessus du mail du Centre commercial Place Laurier, Québec où je travaille. Plus que quelques jours avant mon départ pour Taïwan. Je commence vivement à ressentir les émotions, fébrilité et sérénité. Je saute de l’une à l’autre, exubérante, vivante. Dans l’autobus, après une journée de travail intense, un retard m’inquiète, me rappelle, que ma ligne aérienne déroge elle aussi de son tableau horaire.