Carnet 2002 à suivre

2002

 

29 juin 2002

Je griffe encore mon jour mal. Un beau soleil après tout ce gris, cette pluie. Un matin vélo et une belle rencontre sur la piste, Catherine et Jonathan avec l’autre mamie. Vacances!

 

Je prends mon crayon, qui vient là? Les petits ayant terminé leur balade… nous organisons un piquenique pour un autre jour. Ça se fera chez Coco la semaine suivante. Délice!

 

 

4 juillet 2002

 

Le jardin aux pivoines…

Mon travail est aussi la recherche d’une cohérence, d’une essentialité, d’une plus grande spontanéité. Comment vivre l’expression elle-même?

Je suis disponible à la chose en train de naître, encore informe, non définie. Je ne m’engourdis pas dans la prétention de vouloir créer, produire la chose. Je suis et je reste disponible au comment vivre l’expression elle-même. J’inscris du temps présent.

 

Pousse sur ta propre tige…

Il est difficile de prendre possession de ce désert de lignes. Je crains d’abîmer son calme silence. C’est comme entamer le zinc précieux d’une matrice. Je dis précieux pour son coût énorme dans mon budget, qu’il m’est nécessaire et que je ne peux me l’offrir qu’à grand coup de sacrifices.

Je commence ici de nouveaux projets, je tiens ici, je retiens ici dois-je écrire mes pensées sauvages, crues. Je tente de les contenir pour ne pas perdre le fil ténu de leur parcours. En acquérant ce moleskine je file derrière mon père qui toute sa longue vie a rédigé ses notes d’épiceries autant que ses commandes de travail de charpentier-menuisier, peut-être même ses espoirs dans les siens. J’aurais aimé en posséder un seul mais le sort en a décidé autrement. Peut-être les a t’il détruit avant de partir, ou peut-être ce sont les fils héritiers qui en ont pris possession. Qu’importe, je le retrouve aujourd’hui en recommençant, continuant le trajet. J’ai eu besoin de multiples carnets pour de nombreuses raisons, je les ai choisi pour le prix, le format, surtout pour me retenir et je choisissais ceux aux limites confortables pour la main, le sac. Mon bagage souvent grand, mon énergie plus jeune me permettait de grandes pointures mais voilà aujourd’hui deux cils blancs au-dessus de l’œil…

Je songe à ajuster mon tir, ou plutôt mon dire. Et je commence plus sobrement, plus sagement, plus intimement.

Je songe à mes nœuds, ceux du cœur, de l’esprit, ceux de coton, tant de projets prisonniers du temps qui me manque. Il me presse de commencer ceux de coton, tant d’années à les ramasser, à les déposer à l’abri des poussières, des regards. Tant de temps à les regarder et à les enfermer, inspiration, expiration.

Je me suis arrêté là faire mon miel d’encre de solitude et de silence. C.Bobin

Chacun butine ce qu’il cherche. François Cheng

 

Si je retiens ces mots de Bobin, de Cheng, c’est qu’ils expriment richement ce qu’ils affirment. Ils me caressent mes soies, me touchent…

Je suis retournée à l’atelier samedi 2 novembre 2002. Je suis allée revoir deux matrices de cette année, deux matrices abandonnées en chemin faute de questionnements. Je n’arrivais pas, n’y suis pas arrivé encore, à défaut j’ai fait une manière noir sur la partie gauche et j’ai polie la zone droite d’une énergie soutenue. Il s’y trouve maintenant un intéressant dialogue mais y manque quelques points ou même un seul, ce détail qui retient, qui permet de demeurer là, saisie ou simplement interpellée. Comment faire? Que faire? Je vais laisser l’image trace accrochée là. Contempler, réfléchir jusqu’à plus ou je donnerai à voir ce dialogue muet.

L’autre matrice je la sais plus prête pour un suicide, il y manque vraiment quelques points, il y a un choix à faire, un choix que je voudrais impératif mais je n’en suis pas encore là, je travaillerai mes optogrammes puis je prendrai un temps d’arrêt. Je tends vers un repos pour me préparai à mon grand voyage en Thaïlande. Je veux être prête et en forme, alerte et sereine. Réceptive, curieuse. Pour cela il me faudra être en état de grâce. Je dois imprimer quelques griffes dans l’eau au cas ou Trois-Rivières ou Liège me rappellent. Et quoi d’autres, attendre, dessiner…Je n’arrive pas, je n’arrive plus, j’ai annulé ma journée d’atelier, je n’ai rien à dire, rien à faire. Il y a ce vide si grand, si présent. Je ne sais pas, je ne sais plus où je vais. Ni où j’avance, je reste là, ici.

L’espace, les spaces du livre m’interpellent, me titillent, me questionnent. Je songe à mes noeuds, mes sutures, mes morceaux noirs, rescapés de mes aquatintes. Par où? Quand? Oui, non, je ne sais pas encore.

Je vais sortir dans cette neige hâtive, écouter le chant de mes pas dans la neige au sol, je vais aller chez Lacerte où il y a Elmyna Bouchard, j’irai me perdre dans son merveilleux travail, dériver dans l’autre peut-être accepterais-je, peut-être…m’accrocher à une bouée. Ce n’est pas moi mais s’il le faut…Et je pense ici à Marthe Wery qui écrit «Pousse sur ta propre tige» oui je vais être fidèle à moi-même.

Time out! Temps mort! Temps Nord!

La discrète, la placotteuse, la ville, la piscine, le lac St-Jean, la nageuse, la robe, dessins à l’acrylique, eau forte, aquatinte, pointe sèche, les titres d’Elmyna Bouchard où fraîcheur, douceur, singularité existent, persistent. L’aquatinte est jetée en vrac, acidulée, et quelques coups de griffes directement sur la matrice, parfois, peut-être sur le vernis. Là tout est permis sauf le superflu. Pour en arriver là il faut ne plus prendre le temps de réfléchir, de faire, il faut juste l’urgence du moment, l’urgence du geste. J’aime cette artiste. Les dessins en courte pointe m’ont pincé l’oreille, l’œil et les mains, titillé la pensée envolée, tsst! tsst! tsst! et si je cousais mes sutures en portrait des blessures, sens blessés, blessures de sens, sang arrêter là…Le vieux presbytère de St-Bruno.

Et maintenant revenir ici sur mon « Tambour d’eau ». Je l’ai réalisé après une absence prolongée en Europe. Une période où je reprendrai contact avec moi-même. Une période qui m’a donné le temps de sortir de moi, de puiser aux sources multiples qui m’entouraient et qui m’ont permis de prendre une voie fidèle à l’être.

J’ai entamé mon projet spontanément avec des gestes simples. Je l’ai réalisé aux levés du jour. Toujours à la lumière du jour. Je tentais chaque matin d’arriver à atteindre cette lumière différente, particulière, sereine, douce, enveloppante. J’arrêtais là…tambour d’eau est une voie, ma voix aussi, il communique l’indicible, l’illisible, un temps qui passe. Un kilomètre à l’est, un kilomètre à l’ouest. Je l’ai présenté ou plutôt partagé, sans artifice, à l’ombre d’un parc, au bord de la rue passante, voie achalandée, rarement fréquentée par les piétons. Un passage obligé où l’on ne peut s’arrêter. Je l’ai installé là pour accoster l’œil ouvert, l’œil chercheur, l’œil éveillé, l’œil prêt. Quelques regardeurs furent comblés.

12 novembre 2002

Et mon travail suspendu, en fait, mon gagne-pain le plus soutenu. J’ai pu prendre du temps pour mes compagnons de vie, puis un peu pour moi, enfin! Une sieste…et germe en moi l’idée d’une exposition particulière. Je vais préparer mon projet lentement, ne rien oublier. D’abord créer l’œuvre unique, pas de suite ici, une plage multipliée selon le nombre de lieux où je la présenterai dans le même mois de la même année. M’imposer, m’exhiber partout en même temps dans une forme particulière. Une œuvre gravée accompagnée d’un texte de démarche, d’un CV court, d’une présentation de l’œuvre, de la liste de lieux où…L’envoi devrait être confirmé par le reçu de la poste et ces reçus deviendront le catalogue de l’exposition. La preuve du passage de l’œuvre dans le lieu (Galerie). Une exposition itinérante ou voyageuse. Plus certainement voyageuse. Une photo témoin du départ des œuvres à la poste de Québec, journal, la liste des lieux où l’œuvre accostera. Une galerie importante par ville importante, en Europe, en Asie, au Canada.

13 novembre 2002

Séjour en atelier, jour béni, pas vraiment une journée parfaite, mais une journée de recentrement.

Mardi…

Je me retire, je vide l’atelier, pour combien de temps, jusqu’où vais-je tenir? Combien de fois ais-je tenter le diable, celui du temps suspendu. Je dois y arriver cette fois-ci. Ou alors il faut apprendre à vivre comme tout le monde. D’abord m’ajuster à mon horloge biologique. Mais, comment remplir ce temps inexistant, maintenant.

Je lis tout juste ces mots de Lee Ufan « c’est cette dynamique de la distance qui m’a construit» et il fait référence ici au fait qu’il n’est nulle part chez-lui, puisque les Japonais disent qu’il est Coréen et que les Coréens disent qu’il est Japonais et que les européens le traitent d’oriental…

Et il me permet de réfléchir ici sur mon plaisir d’être dans aérogares, dans les aéroports, ces lieux qui n’en sont pas, ces entre-deux, passages neutres, ni ici, ni là.

Depuis mon enfance j’ai été pensionnaire, au couvent St-Dominique de Jonquière, Saguenay, géré par les sœurs du Bon Pasteur, à la maison familiale de Roberval, à la maison des vacances d’été au lac Des Commissaires, même au couvent des Ursulines à Roberval à quelques pas de la maison (disparu en 2001, lors d’un incendie). Je n’ai jamais habité une même adresse aussi longtemps qu’aujourd’hui. Et même avec cette adresse j’ai couru vers d’autres cieux. Avec mon art mes horizons se sont multipliés sur des chemins moins fréquentés. Et je dis comme Lee Ufan, c’est cette dynamique de la distance qui m’a construite. Dans la vie, la distance est souffrance mais aussi force. Il est très pénible de devoir sans cesse, soit observer, soit être observer. Mais je crois que c’est précisément en ce lieu si inconfortable et si peu lieu qu’il sait, que le monde devient vivant.

J’aspire à partir d’ici à de longs moments de méditation pour enfin arriver à des phases de concentration totale. Trouver ma voie, l’emprunter.

Qu’est-ce? Quelle image me plaît? Pourquoi toujours un grand champ blanc? mes pas dans la neige, un grand champ bleu mes pas dans le sable, un grand champ sombre, mes pas dans la solitude. La grandeur de l’inconnu, mon besoin de découvrir, mon goût de l’incertain, vivre, être là vivante. Changer mon quotidien, échanger funambule. Aujourd’hui, samedi un jour échangé, une vie maison contre un bon d’atelier, un temps cuisson contre un bain contrôlé (acide) du temps pour…

Lundi en lisant : la maison doit être comme un organisme rythmé, un être qui aide la vie, comme le nid aide l’œuf à mûrir…est-ce la maison familiale ou les maisons de transit qui m’ont aidé à mûrir, sans doute, moi aussi, on n’y échappe pas, ce qui me vient là, comme image, c’est cette rotonde en haut de l’escalier qui mène aux chambres, Alain a occupé le dernier cette chambre, le dernier avant que la maison devienne centre d’accueil. Cette rotonde adoucit mes nuits, rend plus calme l’arrivée à l’intimité de chacun. Et le petit balcon, grand comme un couffin pour chatons, miniature même, me fait encore rêver. Que ne donnerais-je aujourd’hui pour y assoir mes fesses, quelques minutes seulement, le temps d’un clin d’œil, le temps de me souvenir…est-ce de là que me vient ma curiosité? C’est là que parfois j’écoutais en retrait la vie d’en bas.

Mardi 26 novembre 2002

Je suis passée à l’atelier visionner plusieurs de mes diapositives pour présenter un dossier à la Galerie McLure de Montréal, et, les regardant en suite, je découvre une relation continue. 1995 un Jardin grand comme un grain de moutarde. Présenté dans l’Hôtel de ville de Québec, puis, Encyclopédie Singulière 1997 photographiée dans la rotonde de la Bibliothèque Félix Leclerc, salle Adagio, du 8’arrondissement. Vient ensuite, Tambour d’eau en 2000, installé, présenté dans la Galerie Engramme de Méduse, dans la Côte d’Abraham. Dans le rond de la basse-ville, je m’installe là où le mouvement circule, pas d’angles droits, ça spire, ça inspire.

C’est dans la rotonde que j’écoutais, imaginais, nourrissais mes rêves. Artiste je communique dans la rotonde, les rotondes, est-ce pour partager mes rêves enfouis? Ce qui est certain c’est que le lieu en creux  reçoit ou plutôt enveloppe intimement mon projet.

1’ décembre

Qu’arrive t’il ? Nostalgie où se précipite du temps multiples, neige ou Noël, ou juste assez de temps pour prendre les pensées une à une et les respirer, les arroser. Entretenues elles donnent à voir les couleurs d’hier et mélangent aussi celles d’aujourd’hui.

La neige tombe, il fait chaud là où je suis. J’écoute la musique de Noël, toute celles d’avant, avant c’est quand on dirigeait ma vie, l’orientait, pas si mal quand même malgré tous les heurts. Pour l’ado c’était moins facile mais quel bonheur aujourd’hui d’avoir pris toutes ces noirceurs dans la démesure d’une jeunesse fougueuse, récalcitrante.

Études pour une jupe d’Emma, Études pour la jupe aux charbons, quel titre, venue d’un échange entre trois femmes, Sylvie, moi-même et une autre, un mot, une phrase. Un titre inspirant pour un projet à venir…hommage pour la tante Emma de mon amie Sylvie, compagne de travail.

3 décembre

Ce jour-là je pensais toujours à mon père…aujourd’hui une grande joie dans notre intimité, comme d’autres iront aux sapins, nous irons au chat…à notre deuxième visite alors que nous allions quitter, déçus, sans appel, l’homme a déposé la cage au sol, nous a jeté un regard de dérangement. Denis a demandé si c’était un nouvel arrivage, oui, non, ils reviennent de la piqûre de contrôle. Nous avons assisté à leur dépôt dans leur site,  là quelques coups de cœur, mais plus de frustrations car ceux qui portent un collier sont déjà réservés. Seuls les sans colliers sont disponibles pour nous. L’un deux en botte blanche nous offre un one cat show nous l’adopterons tous les trois. Quel nom?…

«Je suis né homme privé» Imre Kertész

10 décembre 2002

Jour gris, jour de congé, j’ai raté l’aurore lilas d’hier et aujourd’hui désolation un matin sombre malgré la blanche neige. Il y eut tant à dire du pastel, de la froidure. La porte restée ouverte à tout effacé.

15 décembre 2002

Lumière froide ce matin et pourtant comme il est bon de respirer l’air doux et tiède. Un début de jour presque printanier, et encore une musique sortie de l’enfance, de mes Noëls lointains, cette musique effleure l’oreille sans griffes, passe sa main dans mes cheveux blanchis, m’enveloppe le cœur et le corps. Et ici je prendrai le temps de noter mes inquiétudes d’hier, plutôt mes impressions car je ne suis pas soucieuse. La mammographie plus douloureuse, mais il en dépend peut-être de mon régime alimentaire. Quelques chocolats en trop ou une technicienne moins expérimentée, ou simplement des étirements trop forcés à mon travail à cette période de l’année et qui rendent mes implants plus durs, plus présents lors des compressions de l’appareil. Que dire de l’autre examen, un lit froid, confortable qui photographie mon système osseux. Ici c’est la radiologiste qui m’effraie, sa jeunesse devrait me réconforter, NON, bêtise humaine et là je songe à mon âge avancé où je ne pourrai plus réagir. Si tous les jeunes sont aussi froids, aussi indifférents, mon corps et mon cœur subiront des assauts blessants. Habituée que je suis à la caresse, la tendresse, la lenteur biologique de mon système entretenu depuis l’éternité à son rythme blues. Je cesse là, un groupe de jeunes vient de s’installer bruyamment. Où peut-on encore prendre le temps, du temps sans bruits. Partout la musique à plein volume, les mains fougueuses qui tambourinent la table, les cellulaires aux sonneries variables, les calls impromptus.

16 décembre 2002

Je cherche une retraite paisible ce matin encore, qu’il est difficile, de plus en plus, aucun lieu de silence, je suis à l’oasis de Place Laurier, la ventilation ronronne, la fournaise peut-être, le cliquetis des ustensiles de cuisine avoisinantes éclate ici, là, et la femme amoureuse, silencieuse trop longtemps, discourt à son vieil amant dans une dissertation continue, aucun silence, aucune paix. Je prendrai un livre pour tenter l’ultime possibilité de retrait ici.

Hupomnêmata je viens noter ici cette correction de coquille que j’ai déjà commise. J’avais utilisé hypomnêmata pour nommer certaines petites feuilles de notes prises par moi et données à voir comme œuvre. Si je me souviens bien il s’agit de mon projet Nombre d’art organisé par Engramme il y a quelques années. Je le note ici après une lecture de textes de Michel Foucault, Dits et écrits où il explique, nomme, l’hupomnêmata : carnet de mémoire, somme de connaissances acquises pour la constitution de toi. Ainsi il me confirme qu’à m’écrire, je m’aide à me construire, à naître. Quant à Imre Kertész l’auteur qui m’occupe aujourd’hui il aurait plutôt utilisé le terme de chronique d’une métamorphose. Quelle richesse que ma langue.

35 Wickeder Strasse, Werl, Allemagne – l’adresse de mes belles années, mes jeunes années. Mes vingt ans, Wickeder, comme un chant à l’oreille, comme un baume au cœur, plus, une caresse dans la chair vive de mon souvenir. J’ai quitté l’enfance, j’ai fermé les livres d’un passé pluvieux et j’ai traversé sur les rives plus joyeuses d’un avenir à venir, d’une renaissance.

23 décembre 2002

Comme par les années passées au Village Normand, près de la fontaine bruyante, odorante, un court temps d’arrêt avant le sprint final au travail, puis ce sera Noël. Je suis prête, presque, fin prête, en rajouter serait faire partie de cet enfer commercial plutôt que de renouveler la fête. Pour moi Noël c’est jour de lumière, jour de fête, de magie. Jour des enfants, celui de la reconnaissance de leur présence, jour d’amour. Leur apprendre à croire en leurs rêves, les aider à les réaliser, à croire à l’impossible possible, croire en l’irréalisable réalisé. Jour de don, d’échange, jour agréable. Et c’est déjà passé, dans le passé. Avec encore et toujours un air de commerce qu’on ne veut pas je te donne, tu me donnescercle sans fin sans surprise, rien de plus, rien,  maintenant rien

Je vais reprendre mon quotidien, tremper dans mes lectures, mes dessins, prendre le temps de faire un pas en avant, deux pas en arrière.

Vivre calmement.