Carnet 2005 à suivre

2005

 

Pli et pluie

De coexistences et d’intériorité, l’idiolecte de Denise Pelletier

Dualité. C’est cette notion qui, dès l’abord de Pli et pluie de Denise Pelletier, m’apparaît avoir prépondérance sur toute autre. Mais d’une dualité qui se définirait par la rencontre de l’avers et du revers d’une même chose. De deux pôles, qui, bien plus que de s’opposer, se compléteraient, se feraient écho. Le plein coudoie ainsi le vide, le blanc fréquente le noir. La masse imposante et infrangible trouve résonance dans la ligne incisive et agitée, l’opacité, dans la transparence. Au cœur de cette apparente disparité, un fil d’Ariane : le mot. Il est la clé de voûte, la matière première de l’œuvre. Il est la source pérenne à laquelle la graveuse puise toute son inspiration.

Passages de textes, fragments de poèmes, extraits d’articles de journaux ou bribes de conversations attrapées dans le brouhaha d’une foule pressée et anonyme, l’artiste extirpe ainsi des locutions, qu’elle dépouille de leur peau primitive. Ces phrases, ces mots perdront en effet

leur sens originel pour devenir des mots souche, à partir desquels s’édifiera un langage graphique personnel. Des formes abstraites dotées de parole. Car les mots, noms communs ou noms sujets, même retirés de leur contexte, ne sont pas vides de sens; ils ne sont pas choisis pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils incarnent. Les mots pleins, germes d’images, matrices de sentiments. Les mots qui ne peuvent être que visuels. Consignés tout aussi instinctivement que subrepticement dans des cahiers destinés à cette fin, ils se soudent à d’autres vocables, recueillis de la même façon il y a des semaines, des mois, des années. Il aura fallu une sensibilité et une réceptivité artistique, celle de Denise Pelletier, pour que cette pluralité linguistique se fonde en une singularité langagière. Puissante et éloquente.

Paroles écrites, mots parlés et parlants prennent donc vie dans le silence de l’atelier. Silence et parole : dualité, complémentarité. La graveuse, comme beaucoup, voit son quotidien battre au rythme des verbes « se presser », « trimer », « planifier », « être à l’heure », « ne pas oublier ». Quand elle franchit le seuil de l’atelier, quand elle défie ainsi le temps, s’intériorise et cherche le silence dans cette atemporalité, génératrice de courts – mais ô combien chers – instants de sérénité, elle est au cœur du dualisme, elle le vit de l’intérieur : agitation versus arrêt.

Ici, dans cette thébaïde, baignant dans les mots porteurs de sens et faisant la sourde oreille aux verbes oppressants qui dictent nos vies, l’artiste élabore, de manière pulsionnelle, une suite d’œuvres. Des eaux-fortes et des aquatintes. Ici se détache une nouvelle dichotomie, celle qui cherche à s’établir entre l’esthétisme et l’intuitif, mais qui, au final, n’autorisera jamais le beau à l’emporter sur le viscéral. Car l’artiste laisse libre cours à cette folle et incoercible envie de dire, de verbaliser. Aller au bout de soi, au bout de ce qu’on ressent à travers ce qui a été dit, ce qui a été écrit. C’est en atelier que Denise Pelletier calme cette faim-calle, ce manque perpétuel de ce qui lui est nécessaire pour vivre : les mots. Jusqu’à la prochaine tourmente, jusqu’au prochain débordement, jusqu’à la prochaine urgence de créer. Alors, tout comme pour Pli et pluie, elle donnera naissance à des schèmes, à des calligraphies spontanées qui ne figurent dans aucun dictionnaire, qui ne sont issues d’aucune langue connue et qui entraînent celui ou celle qui y pose son regard dans les confins de l’âme, dans les profondeurs des sentiments, lui faisant goûter un peu de cette sérénité. Tout comme pour Pli et pluie, elle fera parler l’abstraction, comme autant de mots émanant de l’invisible, comme autant de perceptions, d’appels à l’esprit qui font s’opposer le fragile et l’imposant, le claire et le sombre, le pli qui casse et la pluie qui coule.

Par une intuition de la matière, par une sensualité de la forme, la graveuse commute (d’élément linguistique à élément visuel) et poétise le langage. Mais ce transcodage impressif n’est jamais statique. A contrario, il donne à voir un univers vibrant. Comme le son puissant d’un mot prononcé à voix haute. Peut-être cette force vibratoire s’installe-t-elle dès le premier geste créateur, dans la chorégraphie inhérente à l’exécution d’une eau-forte ou d’une aquatinte, où la gestique, très physique et répétitive, impose le mouvement, réfute toute inertie. Ou peut-être cette force vibratoire tient-elle de la dualité. Justement. Le tangible ne dialogue-t-il pas ici avec l’impalpable, l’intériorité avec l’expressif ? Ces antinomies –  ces coexistences  – ne forment-elles pas un tout parlant, qui, par-delà l’abstractionnisme, fait appel à ce que nous avons de plus commun, en s’adressant à notre humanité ? Et c’est peut-être au fond ce que l’artiste cherche à figurer, de par cette syntaxe, cette verve visuelle qui lui est propre : la nature humaine; à travers ses contradictions, dans ce qu’elle présente de plus complexe, dans ce qu’elle a de plus complet.

Marie Lachance

 

 

Je suis partie de Québec le 18

Jour de mai, de grêle…et j’arrive à Baia-Mare, Roumanie sous la pluie. Joie! Un heureux voyage s’amorce! À demain.

12hres28- Angoisse-rien à faire- respire-expire-finalement je regarde la nuit tombée, profonde, secouée parfois par des aboiements.

Au matin, 7hres28, le réveil n’a pas pu me faire signe, j’étais déjà debout avec un mal de tête, se lever, éviter de se doucher, l’eau est glaciale (on m’avait prévenu). Puis, choisir ses vêtements, éviter de se faire remarquer, mais, comment? Avec ce que je porte. Ce que j’ai apporté. Puis, être soi, confortable.

Je descends déjeûner, un petit coin agréable, simple, puis je flânerai au lobby en attendant Mircea Bochis. Je ne sais plus si j’ai dit 10 hres ou 11 hres. Qu’importe, entre quelques lignes de mots je jette un regard curieux sur la ville, je pourrai apprivoiser lentement, atteindre un calme  ou un relatif état de lenteur. Et si j’y arrivais? Ici?

Je vois des gens simples, souriants, des gens qui attendent pour traverser, des bus bondés, des étudiants, des travailleurs, des flâneurs, des gipsys. Pourquoi sont-ils si beaux ces gens? Je devrai approfondir cette question.

Tiens, il y a ce bonhomme sympathique, tout rond, qui ressemble à Denis. J’irais bien lui faire la bise, comme ça, pour sentir Denis…mais bon.

Le marché n’est pas loin, les gens passent avec une brassée de fleurs fraîches ou un sac gorgé de légumes…

10hres-1/4  je vois des cheveux en couleurs… Tiens, monte une poussée d’angoisse, sans crier, pourquoi? Je suis arrivée à destination, tout a été merveilleusement bien, je serai ici du 19 mai au 3 juin. Je dois noter mon périple avant d’oublier, plus tard, aujourd’hui.

10hres 28  une 1’ image de poésie, une femme un bouquet de radis à la main. Ici celle aux oinions…

IM003604

Tout près, l’internet café, une librairie, une pâtisserie…Une femme un bouquet de cuillères de bois, une femme, un tablier et son sac du marché, elle court…Une femme sur son bras un accordéon, une pile de journaux, un vieux monsieur, un bouquet de roses à la main. Une femme un bouquet de fleurs dans chaque main, un rouge, un blanc. Et plus tard cette femme assise toute la journée dans une vieille boîte de carton, en plein soleil. La peau comme un vieux cuir tanné. Elle veut bien que je la prenne en photo. Je me sens comme une intruse, je le veux malgré tout, quel sentiment étrange. Je le veux pour me souvenir de toutes ces femmes que j’ai croisé ici, celles aux cheveux glissés sous un foulard sombre…Aujourd’hui j’aurai beaucoup marché pour me rendre en ville, je cherche le Musée d’Art Contemporain. Mais, ce n’est pas lui que je trouverai. Je découvrirai celui du minerai. J’aurai tourné et retourné dans ces rues aux maisons grises. Il y a une course de mini autos en préparation et elles polluent l’air de triste façon. J’adore ces montagnes qui entourent la ville, on les sent si près (emmurée) est-ce pour cela qu’on nomme la région Maramures? …Pour me retrouver je reviens toujours vers elles. Je les longe et trouve mes repères plus facilement. J’ai croisé une artiste peintre très intéressante, je la recontacterai. Puis j’ai eu l’aide d’une jeune fille professeure pour traverser le Musée. Ce n’était pas le bon Musée personne ici ne connaît le Musée d’art Contemporain ni même le Florean Museum. (Celui-ci je le comprends, il n’existe qu’en location pour le Salon Mica de la Gravure, loué par le riche homme d’affaires Monsieur Victor Florean).

IM003753 (2)

 

Avant d’oublier je raconterai mon vol Québec/Roumanie

 

Québec Montréal court et calme, tout est facile quand je connais l’aéroport. Par contre une file d’attente rocambolesque de Cousins Français, avec eux c’est toujours pareils, ils sont ROIS partout. Faut faire avec… Puis, Montréal Paris, le confort d’Air France, le service aussi. Un trajet reposant mais à l’aéroport de Paris cela demande plus d’attention. Il faut savoir qu’un bus de l’aéroport nous mène d’un port à un autre, surtout, se rendre au bon port. Je demande à l’hôtesse avant de débarquer.

 

Puis Paris-Bucarest

 

Plus à l’étroit quand même, foire totale à l’aéroport et je dois reprendre ma grosse valise ici. Ce n’est pas la consigne que j’avais eu de mon fournisseur. Je cherche le comptoir de Tarom, l’aviateur qui me mènera à Baia-Mare. D’abord un téléphone pour rejoindre Mircea Bochis pour lui signaler mon arrivée. Je suis interrompue continuellement par des vendeurs de trajets taxi…Non! Merci! Je rejoins finalement Bochis lui confirme que je serai à l’heure. Je redescends vers le comptoir Tarom, mon voyageur; RETARD…Merde! Changement d’horaire. Trop tard, je ne retournerai pas au 2’ pour retéléphoner avec mes bagages. Je franchis la barrière et je ne bouge plus. Il y a là un téléphone à carte, je rappelle, ma carte est vide. Impossible. Je m’assois, nous partons avec un retard de 30 minutes, nous atterrissons sur les fesses à Oradea puis repartons vers Baia-Mare. Je n’ai rien vu de l’aéroport, que Mircea Bochis qui attend. Un bonjour et nous voilà en route vers l’Hôtel où je logerai les premiers jours et peut-être plus longtemps. Je règle mes trois premiers jours qui sont à mes frais. J’ai choisi d’être là avant le Salon Mica pour m’acclimater à la ville.

 

Retour au journal

21 mai 2005

 

9hres 5 ce matin on me sert le déjeûné et je m’installe près de la fenêtre. Il y a peu de gens… je prendrai la route juste après pour une heure au café internet.

IM003576

Je rejoins Denis au Québec, Maria à Timisoara. Puis je prends la route pour trouver le Muzeul d’Arte. J’y arrive enfin et me rends compte que j’y étais presque hier…Une énorme porte de bois, aucun horaire affiché. C’est le curé de l’Église Catholique qui me guide. Bien sur le Musée est collé à l’Église. Trop sobre pour le deviner, adresse : Str.I mai. Un homme ouvre un homme qui ne parle ni français, ni anglais, mais l’allemand, oui. Ouf! Comme le curé d’ailleurs. Une dame se présente, je commencerai ma visite après avoir fait l’achat de mon billet d’entrée 50 lei.

Mes découvertes :

Arthur Verona

Béla Czobel- portrait de Jenö Maticska (simple, minimal)

Béla Ivany

Eugen Pascu- The youth

Gregore Negosanu- The market to Baia-Mare

Janos Krizsan- Landscape *****

Alexandre Popp *****

Andras Mikola- Baia-Mare wiew *****

Hugo Mund- The burial of miner – magnifiquement sombre

Hans Mattis- Teutsch- très sculptural

Pandor Ziffer- Les toits 1948/ Gare de train Berlin/ Old mint Baia-Mare*****

Aurel Popp- The barils maker/ The gaz attacks- riche, intense

Joseph Klein-ces personnages sont intenses

LucianGrigorescu- impressionnisme

Traian Biltur Dänois *****pour Couple de fermiers très réalistes

Tasso Marchini- portrait de couple, deux femmes, famille de paysans très découpés *****

Oszkar Nagy- autoportrait impressionnisme *****

Theodor Harsia- autoportrait

Après le Musée je retourne au Marché en bifurquant, je prends des photos. J’irai dîner puis j’emprunterai un nouveau chemin. Un quartier plus riche qui me rappelle l’Allemagne. Au retour derrière mon Hôtel surgissent les magnifiques montagnes. Je dois les reprendre en photo, tenter de capturer l’indicible…

 

2hres20 Halte

Un petit garçon qui ne sait écrire, qui ne parle pas, avec des yeux suppliants…dans ses mains un vieux carton marqué au feutre d’un texte solliciteur c’est évident. Il est très propre, fait le tour de la salle, personne n’y fait attention, personne ne lit. Il sort, je regarde ailleurs, puis le voilà qui revient, plus de carton, il revient sur ses pas pour traverser le boulevard de la Révolution #4. Arrivé de l’autre côté, il sort de ses poches ce qui semble une friandise puis ressort de son veston son carton salie et traverse les terrasses occupées…je le perds de vue.

On me sert une Tuborg beer clear du Danemark alors que j’ai commandé une bière Roumaine. Le tram #5 passe ici…Une dame son bouquet bleu, une femme un bouquet de roses, un barbu son sac à dos son chapeau.

J’irai faire une courte sieste, vidée. Après ce bref répit au son du téléviseur (parade de mode) …Soudain, dans le jour gris, une éclaircie comme un levé du jour, je ne résiste pas glisse les batteries rechargées dans mon appareil et capte ces images douces. Je reprends une lecture laissée en suspens et dès 5 hres30 je retourne au Café Internet. Quelle joie! Denis me donne des nouvelles, Maria Nichita aussi et elle me communique son numéro téléphone xxx6452800 Je tente mon 1’appel immédiatement; une petite voix, douceur et retenue. Je parle trop vite. Je recommence, elle s’inquiète que je sois seule…elle espère que Mircea Bochis s’occupe de moi. Je lui confirme (demain) et lui annonce que je change d’Hôtel. Je lui raconte mes sorties, mes recherches, mes trouvailles. Elle trouve désolant que personne ne connaisse les Musées que je cherche. Je lui confirme que ce n’est pas différent chez-moi, personne ne connaît Méduse chez-nous, la gravure encore moins. Heureusement que nous sommes privilégiées nous les artistes…

Assise devant la vanité de ma chambre; Dieu que je suis vieillie! Qu’est-ce que je fais ici? Ce n’est pas de mon âge cette randonnée solitaire en Roumanie…Et là j’hésite, je téléphonerais à Maria pour lui demander sur quel pont? …ou pour lui dire combien son travail suscite l’admiration ici, lui dire qu’il sort rapidement du lot, qu’il est fort apprécié…

«C  évident qu’elle à un travail de qualité» me signale Mircea Bochis.

J’espère que mon vote pèsera lourd dans la balance, je lui souhaite ce cadeau de la vie…elle le mérite. Elle le recevra une autre année …

Je songe à Mircea Bochis qui nous explique le fonctionnement du jury. Chaque membre à la liste des exposants, on fait un premier tour des salles et on choisit 30 œuvres qui retiennent notre attention dans toute l’exposition. Chaque membre du jury est seul dans une salle, un à la fois pour ne pas influencer un autre votant. Puis à table on énumère artiste #1 artiste #2 …et chaque membre du jury confirme s’il a voté pour mon #1 mon #2 … à la fin de l’exercice les artistes qui ont reçus le plus grand nombre de points sont retenus, le plus haut total de vote détermine le 1’rang, le 2’ et le 3’ …et ça ne ment pas, et c’est une façon très honnête de couronner les 3 artistes primés.

C’est rassurant, à Taipei cela fonctionne de la même manière.

 

22 mai 2005

Dimanche matin, 8hres52

Assise pour mon déjeûné une dernière fois au Ryvolus. Je choisis la vitrine sur rue pour saisir mes dernières images sous cet angle. Lesquelles? Et après, qu’advient-il de mon périple Roumain.

 

Une femme, une béquille, un bouquet de fines herbes. Quelle élégance dans son costume gris, sa blouse blanche…

 

Avant d’oublier

Ma dernière nuit ici a été mouvementé une vraie Guerre des Étoiles. J’ai eu très peur. On enregistrait un film de guerre. Je commençais à peine à m’endormir quand les amants au-dessus ont commencé un chassé-croisé, et BANG! Le lit s’est écrasé avec eux sur le sol. NON! Mais j’ai mis du temps à comprendre ce rodeo.

Oui, probablement une fin de course automobile qui a duré quelques jours, et qui s’est terminée par des feux d’artifices soutenus. J’ai eu droit à du harcèlement de bombes bruyantes, j’ai eu très peur et tout cela sans crise d’angoisse. OUF! C’est curieux!

 

Après plusieurs minutes de bombes je surveillais le téléphone, la porte, puis je me suis rendue à l’évidence, personne ne viendra me dire ce qui se passe. Je me terre sous la couette, la tête sous l’oreiller. Plusieurs bombes encore et je dois me rendre à l’évidence. Aucun cri, aucun autre signe de panique. Je me lève, regarde par la fenêtre, les gens marchent, jasent, appuyés aux murs de blocs appartements. Tout semble normal. Alors j’en viens à une évidence : le premier étage est quand même haut, les blocs autour, les montagnes environnantes renforcent la densité du bruit, la durée aussi.

Après cette heure lancinante, j’ai fini par m’endormir.

Ce matin, les gens sont beaux. Lentement ils déambulent moins nombreux que les autres jours de semaine. Le café internet est ouvert, je n’irai pas. J’attendrai de voir mon nouvel horizon. Le tram # 50 passe à son tour, un petit pauvrement vêtu, a t’il seulement mangé? Celui- là ne quête pas et pourtant…

Les gens endimanchés se rendent à l’Église. Je change d’Hôtel, je vais fermer les livres.

 

4hres18

Euro Hôtel, de ma fenêtre bavarde j’épie… Après la montagne ce sont les toits…voilà, je regarde en bas, sorties familiales, dominicales, tout le monde endimanché, sept personnes sortent ensemble et prennent la route. Ils vont sans doute soupé quelque part en ville. Même Maria dans son coin de pays se rend chez sa tante. Je ne l’ai pas rejointe c’est Eddi qui a parlé.

5hres

Après une longue marche, toujours au centre-ville, mais dans une partie plus huppée…je marche décontractée, les mains dans le dos. J’aime, j’adore Baia-Mare, je reviendrai lentement vers l’Hôtel…derrière, sur la terrasse je prends une bonne bière froide, une Ursus, typique de là-bas. Une ours…Le vent est encore présent comme au dîné, je souperai peut-être à l’intérieur.

Et je songe au beau projet de Florean et de Mircea Bochis entamé depuis plusieurs années. Dessiné sur le même plan que le Kroller-Muller-Museum, conçu par une femme riche en Hollande. Ils veulent faire la même chose mais en plus grand. Victor Florean, richissime mécène Roumain, Mircea Bochis, artiste concepteur, Pavel Susara, critique Roumain, le plus reconnu ici. Le mécène achète les terres, investit dans l’immobilier. Il est déjà propriétaire de 40,000 hectares d’un parc en forêt vierge, qu’il utilise comme Musée de sculptures à ciel ouvert. Le Musée d’Art Contemporain est en construction quelque part…peinture et autres…Un concours de peinture est en préparation avec un prix déjà déterminé de 10,000 US$  pour l’ouverture officielle de celui-ci. Il y a déjà des locaux pour le Salon de la Gravure (en location) mais celles-ci seront au même Musée que la peinture le moment venu. Il y a beaucoup de projets qui s’ajoutent; art postal, essai film, danse, graffitis…il y a aussi un journal local alimenté par Mircea Bochis et Co.

IMG_7727 (2)

Cette forêt artistique recevra à court et long terme des artistes en Résidence; en musique, danse, écriture, arts visuels. Mircea Bochis travaille à temps plein sur ce projet depuis 1981. Il proclame que l’artiste ne doit plus payer, il doit être récompensé pour son travail. (Au moment où je transcris ces mots je suis sceptique, en 2018 ?) Lui-même a beaucoup donné, il ne donne plus. Son but ultime, créer un lieu d’art, soutenir l’artiste en lui offrant des conditions idéales pour réaliser ses projets. Inviter les artistes sérieux, reconnus par leurs pairs. Que des rencontres, des échanges aient lieu là. Dieu que cet homme est généreux, son mécène encore plus. Il rencontre son mécène une fois par année, lui résume ce qui a été fait et lui soumet ses nouveaux projets pour l’année à venir. Ces projets sont soumis à Pavel Susara,

 

qui corrige et appuie avant d’être présenté à Monsieur Florean. Il reçoit une subvention pour ce qui sera accepté et finalement réalisé…

Quand Mircea Bochis me confirme que j’ai été sélectionné haut la main, que mes gravures sont fortes, puissantes, Dieu que c’est bon.

Et moi qui songe à ralentir…

Bon soupé peut-être? … Excellent et je serai à ma chambre à 6hres37 et je note ici mon plaisir d’être au bord de cette fenêtre ouverte avec vue sur les montagnes avoisinantes, avec le respire de la montagne, les pieds surélevés, en vacance ce soir. Je continue ma lecture de Georges Didi-Huberman (Gestes d’air et de pierre).

Je vis un rêve que je n’ai pas rêvé…rêve rêve rêve, on ne peut pas rêver cela. Au milieu de nulle part, presqu’au ciel, si j’avais les bras plus longs, je tirerais les nuages comme des duvets pour la nuit qui vient.

Je suis venu connaître ce pays, mais je n’y arriverai pas, ce merveilleux pays me donne à voir tout ce qu’il a de beau, même ses misères dans l’image poétique qu’elles affichent. Je suis là depuis quatre jours, qui m’offre ce cadeau? Je le prends à deux mains, le goûte avec tous mes sens.

J’ai reparlé avec Maria Nichita, il y a comme un décalage, je lui reparlerai encore le temps de réchauffer nos oreilles, d’habituer le flux de nos phrases, d’ajuster notre dit.

 

21hres16 dodo, c’est assez gribouillé.

 

Lundi, levée avant l’heure! Prête pour sortir Cid mon chat. Mais, pas de chat ici, pas avec moi. Une belle journée s’annonce, le soleil enflamme les montagnes…J’irai déjeûner au 2’étage, le matin c’est là qu’on nous sert. C’est plus chaud peut-être, plus confortable, c’est voulu tout simplement. À 7hres45 j’ai terminé et je sirote en alternance jus d’orange et café. Demain je viendrai vers 7hres30 les œufs miroirs sont servis. Et j’essaierai de couper les fromages délicieux, un brin pâteux mais BONHEUR! La musique est belle mais un peu forte, il est vrai que j’aime les matins en sourdine, mais vraiment, c’est trop haut.

Que me réserve aujourd’hui…. Je sais que j’aurai un compagnon qui arrive d’Arménie Arthur Hakobyan, primé lui aussi, qu’elle langue parle t’il? Aujourd’hui nous avons rendez-vous avec la Presse et je dois me rendre à Cluj avec Pavel Susara. Comment peut-on être si choyée dans sa vie d’artiste. Tant de belles choses m’arrivent, Le CAC, le CALQ, ma résidence d’artiste en Belgique, ma médaille d’argent à Taïwan, deux événements en Pologne, deux ici en Roumanie, Baia-Mare et Timisoara…et tous ces autres bonheurs, ces ailleurs…

Moi qui songe arrêter, je sais que je ne pourrai plus, mais je dois ralentir, il est vrai qu’en ne travaillant plus, que n’ayant plus d’enfants à la maison je pourrai consacrer plus de temps à ma passion. Ma créativité est au neutre en ce moment, repos, dépaysement, j’emmagasine pour mon retour en atelier.

Dès mon arrivée ici les femmes du pays m’ont fasciné, leur allure toute simple, vraie, leur manière de tenir dans leurs mains chaque chose, ici je pense à cette jeune fille qui chaque matin sort en courant de la boulangerie avec son pain en croûte nullement emballé, comme cela, nu, dans ses mains. Quelle poésie dans cette image et j’imagine que pour présenter ce recueil je pourrais simplement dessiner des bouquets et du pain…

1hre-1/4

Après une visite au Salon Mica, au Mail Art, à l’atelier de Mircea Bochis,

nomades 2005 030

à la Galerie du Centre-Ville où je m’exposerai,

au journal avec deux entrevues, les 3 posters. Me voilà de retour à l’Hôtel Euro, je reviendrai ici, je vais prendre une bière en attendant Arthur Hakobyan. Cet artiste est simple, gentil et il a travail absolument génial. Il est de première qualité, dessin classique, peinture, son travail s’actualise, il cherche sa voie et on le découvre dans ses réalisations. Son travail le mènera rapidement à quelque chose de personnel. Il a pris un cours en lithographie à Moscou, six mois intenses, un artiste qu’il faut suivre de près, essayé de l’inviter chez Engramme. Nous échangeons quelques œuvres, quel bonheur! Puis nous allons rencontrer les journalistes, une obligation qui est importante pour la suite de notre projet de vie d’artiste, mais surtout nous devons cela à notre mécène qui nous reçoit, nous remet un prix monétaire et paie notre séjour d’art, de rêve. La publicité fera connaître l’ampleur du Salon Mica de gravures.

Les journalistes forts sympathiques nous reçoivent, un accueil chaleureux détend l’atmosphère. Maria me traduira les articles de presse le temps venu, j’espère. Le Florean Museum et l’atelier de Mircea Bochis sont situés dans le même parc boisé, échevelé (jardins à l’abandon, sauvage et clôturé.

Le cachet d’une autre époque, l’atelier de Mircea Bochis est rempli de poésie et de multiples objets, dont une collection d’horloge, de vieux radios émetteurs, la porte de l’atelier est fermée par une quantité de cadenas hallucinante. À l’intérieur se trouve cheval-chien, une mascotte réalisé par Mircea, nous prendrons quelques photos en compagnie de ces objets humoristiques ainsi qu’avec les œuvres peintes de Mircea, à l’intérieur de l’atelier et aussi à l’extérieur. Après cette courte visite nous irons devant le poste de police où Mircea me prendra en photo devant quelques graffitis…laissés là par on ne sait qui ni pourquoi. Et je promets bien sûr à Mircea une photo de lui-même sur une auto de police de Québec à mon retour (j’userai d’une photo de lui en copie sur un acétate) je le ferai sur une auto de la Sûreté du Québec.  Plus facile…et Mircea m’explique que c’est le summum un portrait sur un char de police pour un graffiteur. Nous nous rendons ensuite au Salon de la gravure et terminons au Salon du Mail Art. L’installation est en cours avec les moyens du bord, simplement et difficilement. Il y a deux rangées de cadres (sous-verres) mais comment y arrivent-ils? Il y a 1600 œuvres. Quelle acrobatie pour suspendre les crochets sur la barre supérieure à l’aide d’une perche artisanale qui monte le crochet sur le tuyau. Pas d’escabeau…et des tas de crochets rouillés au sol en attente de servir. Une fois suspendus on ne voit plus la rouille. Les cordes qui retiennent les sous verres sont en coton blanc. Et nous nous plaignons à Québec de nos coupures de budget…Il y a tant de salles comment arriverons nous à faire un choix final, le lieu est magique, magnifique. J’y viendrais travailler si j’avais un temps plus long de disponible. 2hres-20, j’attends Arthur, je crois qu’il n’a pas compris. De toute façon à 2hres à la réception R.V. avec Mircea Bochis nous irons dîner. 3hres 55 Nous terminons le repas, Arthur, Mircea et moi, nous avons échangé, ri et bien sûr appris…Mircea me fait promettre pour le stencil de son portrait sur une auto de police, de lui raconter comment je réussis, et il la mettra sur le site de Florean Museum. Il me demande un CD. Le 25 nous allons à Cluj, Pavel arrive ce soir. J’attends Arthur qui revient pour la présentation de mes gravures pour échanger et comprendre le cheminement, je lui montrerai aussi les grandes. Après nous nous rendons au café internet, puis nous allons prendre une bière sur une terrasse. Nous projetons de prendre le repas ensemble, il est 9hres du soir et il fait très clair. Je prendrai mon dessert seule. Arthur a un ami qui vient le rejoindre. Hop! Dodo

Que dois-je retenir d’Arthur? Un jeune intellectuel brillant, artiste en questionnement, il cherche mais il trouvera…noua avons échangé sur nos cultures si différentes et quelles découvertes! Je me rends compte que la vie des artistes est semblable ou la même partout sur la planète; et je me rends compte  que la gravure subit le même sort, elle enregistre des pertes de vitesse. Around the Warla…et si je revenais à l’atelier de Bochis. Une vieille et grande maison mourante dans une forêt magnifique…trois chiens errants, inoffensifs, amis ils jappent pour nous dire bonjour, qui es-tu? Les chiens vivent ensemble en Roumanie. La nature grimpe aux murs de la maison, la glycine a peut-être finie de pleurer ses pétales, ou elle commence à peine à fleurer… Il y a plein de cadenas aux portes, un dédale de portes basses se suivent, une vieille cuisine, une vielle salle de bain, un grand salon, des radios, des horloges…une autre porte, d’autres cadenas, un atelier magnifique, un espace immense, un plafond haut et des œuvres pour rire des œuvres, pour photos, pour le site, des œuvres pour homme riche avec petit bureau ou avec grand bureau, des œuvres pliables…Mircea Bochis est un homme heureux. En tout cas, amusant, amusé. « C’est la belle vie Madame » Ça c’est son leitmotiv, et nous refermerons après une séance photos de l’antre du peintre. Nous y reviendrons.

Le Musée pour le Salon de la Gravure Mica, le Mail Art, est une ancienne maison avec de nombreuses salles immenses, magnifiques. L’exposition est en plein montage, au sol des montagnes de crochets rouillés, de cadres déjà occupés par des œuvres, placées deux par deux, devant, derrière, avant d’être accrochés. Des quantités inimaginables, comment arriverons-nous à faire un choix judicieux?…Des œuvres belles, toutes, à maintes reprises je serai interpellé par l’une d’elles. M’y fier. J’ai hâte de voir si elle viendra me chercher encore…

Mardi

Enfin je crois, j’espère, 8hres55 au lobby, l’arrivée, pourquoi cher…à 9hres; Bochis, Susara, Florean et Arthur Hakobyan…On passe sa vie à faire du surréalisme- quelque part la femme de Breton.

Et on ira déjeûner, et on ira au journal (2) et à la télévision, puis au Centre Culturel pour les asiatiques. Des trésors roumains abandonnés, pas entretenus, pas surveiller, plusieurs ont eu des coups de couteaux…Bochis et Susara rencontrent le directeur, une œuvre d’une valeur inestimable prends place devant le bureau du directeur, tandis qu’à sa gauche trône des photos playboys…

Nous retournons à l’atelier, nous prendrons des photos éclatées avec les chiens de Bochis et d’autres plus sérieuses et riches de ses œuvres peintes. Cet artiste multidisciplinaire est gigantesque. Il ne travaille pas, il crée. J’ai côtoyé des œuvres, commerciales (pour Mr tout le monde), des œuvres éclatées, des œuvres brillantes, intelligentes, de facture impressionniste singulière, du Bochis pur. Il prépare plusieurs expositions personnelles et en parallèle. La visite de Pavel Susara concerne aussi ses projets; il est professeur d’histoire de l’art à Bucarest, critique d’art National, propriétaire de deux Galeries d’Art à Bucarest. Bochis prépare deux expositions pour ces lieux.

Pavel Susara est toujours le critique d’art en fonction pour le Salon International de Gravure Mica de Baia Mare. Un homme d’humour, intelligent. Un jeune journaliste arrive pour un interwiew et queques photos. Puis Monsieur Florean arrive, élégant, sûr de lui, un mécène impressionnant, simple. So simple.

Nous partirons pour le parc de sculpture, chaque année il y a le symposium, les artistes invités s’exécutent sur place dans la carrière de marbre de Mr Florean. Tout l’outillage est sur place pour la transformation. Les artistes habitent une maison sur les lieux. À la fin de l’événement les artistes iront choisir l’emplacement où ils veulent voir leur sculpture installée dans la forêt. Le résultat est très impressionnant. Mircea Bochis à une rue à lui seul sur le site. Quelle sensibilité dans son travail. Il réussit à rendre fragile ce marbre massif…Sur le site qui s’agrandit chaque année le Musée d’Art Contemporain s’élèvera un jour. Quel écrin de nature, tant d’espoirs réalisés là.

Pluie!

 

28 mai 2005

1hre 30 Vernissage

 

Galeria de Arta

Bld Bucurest #6

Bai Mare

 

12hres vernissage

 

Salon International de Gravura Mica

Str Victoriei #19-21

Baia Mare

 

Mercredi, 8hres ¼ déjeûné

 

Un jour qui s’annonce gris, mais je ferai de cette journée quelque chose de grand, j’irai plus loin, un peu plus loin et peut-être que le soleil arrive et que vais-je découvrir, j’aimerais un objet fétiche, un petit poids…un magasin de matériel d’artistes, des photos de la Galerie…

 

12hres30

Ursus et spagetti, longue marche, des gypsies, des quêtes, non, surtout résister, non. J’ai trouvé pour Sylvie, Marielle, Marie-Lou, Claudette, Jean-Marc, Diane Charuest, Jeannette (sous-verres brodés, cartes postales) et je marche encore, rien de concluant, si je trouvais un antiquaire…je ne vois que des marchés aux puces inintéressants, quelques boutiques…je trouve quand même quelques belles surprises, vêtements, des chaussures à fleurs pour Cathou, mais la pointure…je me ferai une liste à compléter à mon arrivée à Timisoara. Mais avant d’oublier, là 20hres30, gros soleil, je suis assise dans mon lit avec des pages à écrire, des pages à lire, l’en nuit.

21hres12 toujours très clair, je vais lire un peu puis dormir, demain est fait de quoi? Maintenant j’ai hâte d’avoir des nouvelles de Denis.

Photos 111 j’ai les deux pieds dans l’œuvre, je ne le sais pas

144 à jeudi matin je retourne au vieux marché, centre-ville et reviens à pied

135 à 143 mercredi

30 à 135 mardi

78 à 90 lundi

0 à 77  I’ Hôtel

 

Jeudi matin, seule pour mon déjeûné et je préfère. Mircea Bochis revient et repart pour une entrevue à 9hres10 à la télé. Il me laisse au vieux marché autour duquel je me promènerai encore et prendrai quelques photos inspirantes. À 10hres 40 je suis de retour à l’Hôtel, me change, paie mon téléphone. J’irai plus tôt au Café Internet juste avant d’aller accrocher mes « pli et pluie» plutôt les déposer là où je veux qu’elles soient accrochées et dans l’ordre que je choisis. Demain matin jour du Jury, demain soir soupé…Je prends mon dîné seule sur la terrasse. Bochis, Pavel arrive au dessert. Arthur nous rejoint, lui et moi nous nous dirigeons vers la Galerie, recevoir et préparer (finaliser) nos espaces. Nous appelons Bochis qui arrive enfin avec deux artistes, deux japonais. L’un est une véritable bêtise humaine. Les œuvres de Koseï sont magnifiques et fortes. Il est très posé. Après cette rencontre je repars avec Arthur dans le vieux pour quelques photos. Puis nous retournons à notre Hôtel après un petit arrêt sur la Terrasse. Arthur est brillant il s’essaie dans toutes les langues et il réussit bien.

Nous souperons entre 7hres et 9hres, Bochis, sa femme psychiatre et leur belle histoire, Pavel, Arthur, Koseï et moi. Une agréable rencontre sauf les mouches qui s’emparent de moi…personne d’autres n’est incommodé. Comme d’habitude ma chair seule attire les insectes et ce, quelques soit le pays, le climat. Vidée, brûlée je me rendrai à l’internet avec Arthur pour mon dernier rapport.

Vendredi 7hres45 longue journée en perspective.

8hres30

Il ne reste que 30 minutes avant le déjeûné. Et qui? Qui sera? Qui seront? J’espère que Maria sera là, parmi les primés. Il y a tant de belles œuvres là et les siennes en sont…comment sortir gagnant de cette équipée florissante. Un vote fait la différence. Je ne crois pas encore vraiment au jury, à partir de maintenant je saurai quelle est la part de chance (au coureur)…cette part d’arrangement possible, je saurai pour ici, mais je suis sceptique pour le moment…parce que je sais que chez-nous à Québec c’est arrangé, peut-être même au Québec. Comme je sais qu’à Lodz, Taipei c’est NICKEL.

Ici je pense très fort à mon amie Maria je lui souhaite une reconnaissance officielle car je sais que cela donne des ailes à l’artiste. Son travail d’exception, personnel, empreint de ténacité méritoire, doit être récompensé…NON! Pas cette fois et j’ai vu combien tu as passé à deux cheveux. Si près.

Au retour dîné avec Arthur et revisite de notre Galerie allouée Bld Bucuresti #6, ce n’est pas tout à fait ok.

J’arrête à la pharmacie ALLERGIE! Onguent! Voyez votre médecin au retour au Canada vous êtes allergique aux piqûres de mouches… bon on verra …retrait à la Banque 55 Euros, petite sieste avant le repas du soir, nous avons rendez-vous avec le Rotary Club dans un grand resto de Baia Mare. Rendez-vous promotionnel pour le Salon. Nous y serons pas trop tard car demain est exigent; Bochis trouve que Ciuclea copie son idée! ? Hmm…tellement différent. Alors j’irai avec Arthur et Pavel au soupé, mais nous rejoignons Bochis Mr et Mme Florean élégants tous les deux. Musique bruyante, chaleur accablante, hauts parleurs dans les oreilles, à fond la caisse…L’entrée est suffisante et variée, il y a remise de prix aux mêmes moments. Il y a un orchestre moderne et un orchestre classique, deux jeunes chanteurs, une voix merveilleuse et une danseuse de talent. 9hres30 je n’en peux plus, le soupé n’est pas débuté, je suis vidée, épuisée, j’irai m’excuser et quitter. Je marcherai jusqu’à l’Hôtel et me coucherai en arrivant.

 

Ici déposer photo de la feuille verte ramassée au Parc Florean pat Pavel Susara pour mon herbier

 

La chose merveilleuse ici pour le Jury, très difficile au premier tour, et c’est dans ce même choix qu’on fera le 2’ et le 3’ prix aussi. Le 1’ prix est élu par les 5 membres du jury

Le 2’ et le 3’ prix sont nommés par 3 membres du jury, sans tricheries, sans favoritisme, bien sûr j’ai voté pour Maria, mais on devait après le 1’ en choisir 2 de notre liste de 30 déjà raccourcie, alors pour le 2’prix il était déjà là…

 

28 mai

Jour de vernissages à Baia Mare au Florean Museum et à la Galerie d’Art du centre-ville. L’arrivée tant attendue de mes amis de Timisoara, Maria Nichita et Ciprian Ciuclea. Une journée mouvementée forte en émotions. Et la fin des irruptions, l’allergie est résorbée.

J’ai déjeuné, je suis allée aux mails…wouah! Denis m’a écrit…Viva! La vie est belle! Je suis retournée aux souvenirs (nothing) sauf scandale Made in China  inscrit sur des éventails, est-ce que mes ronds de cotons sont brodés en Roumanie le sont-ils vraiment? …Oui! Ouf! J’attendrai d’être à Timisoara pour le reste, j’aimerais un panier à dos, mais pour le transport en avion c’est peut-être encombrant.

 

Retour aux vernissages; tout ce beau monde, il y a beaucoup de gens qui viennent et qui participent, qui visitent les grandes salles d’expositions, qui assistent à la Conférence de Pavel Susara, et qui se transporteront à la Galerie d’Art du Centre-Ville pour l’exposition personnelle de chacun des trois artistes primés. (Denise, Arthur, Koseï).

Il n’y a pas la même foule, l’espace ne le permettrait pas. Pavel Susara offre un autre discours qui m’est traduit, il explique le réalisme (certain) de Koseï, la recherche évidente d’Arthur, la simplicité, surtout l’empreinte spirituelle de son cheminement. Dis de mes (pli et pluie) qu’ils sont comme l’envol de Brancusi. Pas dans le sens d’une qualité égale à Brancusi, mais dans une spiritualité évidente, une grande spiritualité. Celle que tous les artistes recherchent, l’objectif de tout artiste.

Koseï est encore là, ici, Arthur dans une évolution vers…Denise a atteint son objectif, son travail est empreint d’une grande spiritualité…

Et au même moment je vois passer un bouquet de fleurs jaunes à bout de bras, qui traversent la Galerie vers moi. C’est Maria Nichita et Ciprian Ciuclea tout juste arrivés, ils sont passés au Musée Florean (fermé)…après le vernissage pour que les gens se transportent ici. D’aventure en aventure nous nous rejoignons à l’Hôtel où Maria occupera ma chambre, Ciprian celle d’Arthur Hakobyan. Les japonais nous quittent après le vernissage. Une journée magnifique au milieu de curieux, de gens intéressés, d’amis des arts, de mes amis venus de si loin pour me rejoindre et me ramener chez eux à Timisoara.

Le dîné se termine à quatre heures, je quitte avec Maria rejoindre Ciprian et les japonais sur la terrasse du Mc Do plus loin, nous échangeons sur tout et rien, les japonais partent prendre le train pour Cluj. Nous nous rendons sur la terrasse de notre Hôtel après avoir déposé leurs bagages aux chambres. Au lit dès minuit pour récupérer un peu avant de prendre la route pour Timisoara.

Enfin! La 2’ partie du voyage s’amorce et elle ne sera pas de tout repos dès les premières minutes. Nous ne l’oublierons pas.

Nous nous rendons en taxi vers le bus qui nous mènera à Timisoara. Départ à 12hres30, arrivée à Timisoara 20hres.

On a pris chacun une valise dans le coffre arrière du taxi, sauf une, ma petite. Branle-bas de combat Ciprian et Maria joue du cellulaire pour retrouver le taxi qui nous a transporté. Ciprian reprend un taxi, se rend à notre hôtel où le premier a déposé la valise oubliée dans le coffre. On espère que Ciprian arrivera à temps au bus pour prendre la route avec nous. Après une course folle de son côté, l’inquiétude du nôtre, il finira par être à l’aérogare à l’heure. Nous lui avions gardé une place près de nous. Ouf! C’est dans un bus rempli à craquer, très coloré, des engueulades à chaque fois qu’un nouveau passager s’ajoute. Ce sera 8hres de route sous une chaleur écrasante, 34 degrés et un air climatisé hors fonction.

Arrivés à Timisoara, Maria et Ciprian m’ont déposé à l’Hôtel Continental là où je séjournerai. Ils m’ont suggéré de me rafraîchir et de descendre les rejoindre dans le Hall pour une première visite à pied au Centre-Ville. Une visite au centre à cette heure est inévitable selon Ciprian, il faut voir cette merveille…Je reviens vite les rejoindre prête à tout découvrir, je confirme qu’ils m’ont ouvert sur un conte de fée. Le plus beau site panoramique de Timisoara, empreint d’une paix palpable, Place de la Révolution. Nous continuerons notre traversée du Centre en enfilade de lieux; Place de la Liberté, Place de l’Union, l’Opéra où ont joué Litz, Bethoven…les Trams sur rails, un environnement baroque, Splendeurs! Gigantismes! On en perd presque l’équilibre, tant de vastitudes. Ahurissant!

J’ai vu Paris, Rome, New-York, Bangkok, rien de comparable, magnifique oui, mais rien…Timisoara est une ville inspirante, pour écrire, créer, pour flâner. Baroque oui et quelles richesses? ! p

Protégée par Unesco. Grandiose! À couper le souffle. Quatre jours seulement ici mais organisés royalement au quart de tour par Ciprian Ciuclea et Maria Nichita. Ciprian sait faire, intelligent et sûr de lui, généreux. Il n’y a pas de mots pour décrire l’homme. Généreux! N’est pas à la hauteur de cet homme. Il a pris congé cette semaine pour me faire voir, Maria me confie (il n’a pas pris de congé depuis des années). Il ne veut qu’une chose m’imprégner de sa belle ville, me faire voir sa grandeur, ses atouts. Il me fera voir la Galeria Hélios où j’exposerai en solo l’année suivante. Je devrai travailler encore beaucoup, c’est immense.

Lundi dîné seule à l’Hôtel, buffet généreux. Puis je cherche le marché dans la ville, bien sûr en ligne droite juste pour trouver quelques repères et je reviens pour mon R.V. avec Ciprian pile poil! À l’heure!

Nous allons au Café internet d’urgence pour rapport quotidien, puis au Time Café, style Art Nouveau complété d’un magistral piano à queue. Débuter la journée dans une ambiance aussi sympathique accompagné de Ciprian…j’en veux tous les jours. Chaque jour devrait débuter ainsi, dans un lieu inconnu, avec un rafraîchissement, une bonne compagnie.

La journée commence dans le parc gigantesque, le Campus Universitaire, le Pont Michel-Ange suivi d’un repos sur les bords de la Bega. Plus tard l’École des Arts de Timisoara, le Marché aux Fleurs, le Parc des Roses, dîné au Café Musette, repos dans la Cathédrale Orthodoxe et fin d’après-midi à la Galéria Hélios.

Nous rencontrerons Suzana Fantanariu et Adriana Lucacio. Nous chercherons un chapeau pour me couvrir, la canicule me tue. Nous attendrons Maria, lichant une crème glacée et visitant les murs de Timisoara, construits au 17’siècle.

Nous terminons à l’Hôtel, à ma chambre; j’ouvrirai les porte-folios que j’ai apportés avec moi, je leur montrerai mon Tambour d’eau qui restera ici, pour l’exposition à venir et après dans la Collection…

Mardi

Une visite s’impose au Musée de l’Histoire de Timisoara, et une belle rencontre dans l’atelier de l’artiste Octavian Maxim. Pure bonheur. Nous dînons au Café Musette avant de nous rendre dans l’atelier de Suzana Fantanariu. Nous nous rendrons dans l’atelier de Ciprian Ciuclea, celui à l’extérieur de sa résidence et nous souperons dans une pizzeria.

Mercredi

Musée de L’Histoire du Banat; les habits, le mobilier, les portes de bois et bien sûr une forte présence allemande dans les Collections. Il y a beaucoup de céramiques anciennes qu’on trouve encore aujourd’hui en copies. C’est là que j’achèterai un œuf pour Jeannette, je ne suis pas excitée car le choix est minime.

À la Maison de la Culture Allemande on me permettra de prendre des photos d’une exposition en cours fort intéressante.

Tout de suite après ce sera la Maison de la Culture Française, malheureusement l’exposition de livres d’artistes est terminée.

Nous nous rendrons chez un libraire et en final chez un fournisseur de matériel d’artistes. Nous marcherons longtemps, longuement sous une canicule intense, aucune brise. Heureusement que Timisoara ploie sous une nature abondante. Tant de parcs, tous ces arbres connus et inconnus, tel le platane majestueux. Les rues sont bordés d’arbres énormes, les trams circulent fièrement à travers les rues. Le Campus Universitaire est bondé de monde, les Pavillons grandioses, la population étudiante pullule.

La visite de l’École des Arts c’est ce qui m’impressionne le plus, une architecture magnifique à perte de vues. Les classes sont grandes, les corridors sont occupés par des œuvres d’étudiants chevronnés. L’art contemporain est présent partout. Les combles de ce bâtiment sont eux aussi occupés par les oeuvres des finissants mises en valeur de façon magistrale. Je rencontre Madame Suzana Fantanariu et Adriana Lucacio, toutes deux professeurs et artistes. Je suis étonnée, séduite même par l’actualité et la qualité des travaux que j’y découvre.

Nous nous dirigerons au Marché aux fleurs où abondent parfums, couleurs et variétés, les gens sont toujours là, les fleurs font parties de leur quotidien, (comme en Allemagne). Les gens viennent acheter les fleurs comme chez-nous ils vont s’acheter un café.

Nous traversons le parc des roses, un court arrêt puis retour au Café Musette où nous prendrons un autre lunch. Un lieu intime, accueillant, familier. Rien de trop culture Roumaine, plus internationale. Un havre de paix avec une musique intéressante, variée. Nous y dégusterons un plat léger, rafraîchissant. Nous reprendrons notre tour de ville avec un arrêt à la Cathédrale. Nous nous y assoirons pour calmer la chaleur envahissante et nous en profiterons pour découvrir et admirer les trésors contenus en ce lieu.

Tout juste après je reviens à la Hélios Galéria où j’exposerai en Solo l’année suivante. Wouah! Classe! Je dois définitivement travailler très fort pour occuper un tel lieu. Ciprian promet un succès, et essaie d’avoir un Critique pour le Catalogue de l’exposition.

 

Une journée à Temesvar, Romania (rapport autre carnet) 

Ciprian Ciuclea et moi avons débuté la journée à l’International Café

Puis marche lente dans le matin calme …

Un autre arrêt au Time Coffee dans un décor Art Nouveau … près du piano silencieux …

Ballade au parc sous la canicule, le canal est encore salie par l’abondance de pluies des jours précédents …

Randonnée sur le Campus Universitaire, grandiose….une population d’étudiants déambulent comme partout dans le monde, la seule image identique quel que soit le pays fréquenté. Des arbres géants….partout à Temesvar, les racines étalent, courent, déchirent le bitume….

Je traverserai à pied le Michel Ange Bridge, le premier de tous ces ponts que j’espérais traverser avec Maria Nichita mon amie …

Nous irons nous reposer au cœur de la Cathédrale… seul lieu ou trouver une fraicheur réconfortante …

Exploration de la grande School Art de Timisoara, immense, lieu de la démesure…magnifique …j’y rencontrerai Adrianna Lucaciu ….plusieurs étudiants intéressants.

Promenade au Marché aux fleurs…..un matin de roses trouvées … de parfums exquis …

Déjeuner au Café Musette sur la terrasse au cœur d’une végétation naissante, près du bassin les oiseaux viennent s’ébattre.

Visite de la Hélios Gallery sise au cœur de la Grande Place de Temesvar, lieu où j’exposerai en Solo l’année suivante. Belle et grande Galerie, heureusement que j’y suis venue je prendrai mesures et photos pour intégrer mon projet. Une année de création, de réalisation en perspective au retour …

Maria a terminé ses cours elle vient se joindre à nous, après l’escalade de nombreux escaliers nous entrons dans l’atelier de Susanna Fantanariu….pur bonheur au cœur de la source ….

Quel beau passage … dans mes souvenirs….

18 juin 2005

 

Après une semaine humide sous la pluie de Québec je reprends journal et lecture. Le blanc couleur de l’âme réceptif et propice à toutes les émotions.

Entre dans la forme, sors de la forme et trouve ta liberté…Nicolas Bouvier

 

25 juin 2005

 

Matin tranquille sur la galerie, le chat dans l’herbe promène sa bûche, boulet de sa liberté. J’écoute Allegro pour clarinette de Mozart et je m’enveloppe d’une brise confortable. Je songe aux jours d’atelier de cette semaine, déjà derrière moi. Deux jours à manipuler la matière, papier, matrices, encres, quelques résultats concluants pour un premier passage. Je laisserai le temps décider, des ratés pour me ralentir, ne rien jeter, ne pas y retourner avant la semaine prochaine. Choisir de me reposer surtout me retenir, trouver la lenteur.

Le jour caresse ma peau, douceur…combien de ces instants dans une année ici? Dans notre climat nordique. Il me faut en profiter, saisir ces parenthèses, s’y enfermer, le temps que dur ce sublime. Quand tant de douceur rôde autour du corps, le vent doux, la musique. Comment ne pas être en harmonie. Vouloir y rester, droite, concentrée, figée comme avant le plongeon. Respirer la lenteur, regarder dans la ligne des cils…attendre le temps qui passe, rien d’autres, aucune envie, regarder le temps qui passe comme un bateau sur le ruban de la mer, juste le suivre de l’œil, s’absenter de son voyage.

 

8 juillet

Noir lumière : c’est une ancienne et très vague, mais jalouse pratique dont gît le sens au mystère du cœur. Qui l’accomplit se retranche. Soulages

Pur rien

Voir Baudelaire et Mallarmé pour réflexions…

 

4 août

Dans trois jours Jonathan atteint un âge respectable, il est au camp de Valcartier, jeune cadet heureux, le temps d’un été.

5 août

Où es-tu?  Que fais-tu? Où dors –tu? Pourquoi traîner dans cette eau vaseuse? Nous tirer vers le fond avec toi? Je préfère me tenir à distance de la douleur de vos vies, m’éloigner de vos histoires décousues. Oublier mon enfance salie.

 

17 août 2005

Hier l’atelier, reprise de l’aquatinte. Aujourd’hui jour de dessin, de descente au fond vers la source calme. Entrée dans la lenteur, celle du geste, celle du procédé, entrée dans la durée.

 

Six jours que mes stèles ont quitté le pays. Quatre encore en route vers la Roumanie.

Surtout croire qu’elles y arriveront…

Vivre avec émerveillement, avec détresse, vivre dans l’imminence d’une pensée qui n’est jamais que la pensée de l’éternelle imminence.

 

 

Dessins flottants

Un peu comme les kolams indiens ils interrogent la pesanteur en ce qu’elle détermine notre vision du monde et prolongent une réflexion sur le corps et l’espace de l’œuvre.

 

 

5 septembre 2005

Tour des vents.

Vivre le temps, découvrir ses cheminements et ses nuances infinies. Avoir la conscience fragile d’exister dans l’écoulement du temps, dessiner les motifs de la lenteur, ses méandres, ses détours, ses retours, le feuilleté de la lenteur. Le feuil.

Un projet que je continue, que j’affirme, de plus en plus concret dans le temps présent, le temps réel.

Mes grandes aquatintes devraient en être l’éloge, l’éloge de la lenteur. Dessiner ses nuances, une même matrice imprimée à différents moments de l’élaboration soulignera le propos et ses différents temps d’acide, de morsure augmentera ses arguments : temps, rythmes. De lentes heures dans la tour, d’hier, de demain, d’aujourd’hui, ses turbulences.

 

7 septembre 2005

Et v’lan, tant pis, temps pire

Le silence_ le taire

 

J’ai déposé les mots de mon poème, comme une tour sur le grand papier blanc. Dessiné autour Léthé, ce grand fleuve de la mythologie grecque, peut-être, pourquoi pas, l’été, cette belle saison envolée.

 

 

 

Attraper la lenteur

Se lever avec le soleil, se coucher pareil

Aller là en passant ici et là et, où, là

Regarder avec ses yeux, ses oreilles, son nez, sa bouche, ses mains

Voir,  entendre, sentir, goûter, toucher avec ses mains

S’assoir là, ou ici

S’étendre là, ou ici

Marcher là, ou ici

Se lever, se regarder, s’étirer, se retourner, se plier, se pencher, se raconter, dessiner, écrire

 

Attraper la lenteur

Sur un fond d’aquatinte écraser le pinceau, laisser couler le sucre du vernis, laisser sécher, étendre le vernis dur, laisser sécher, mouiller d’une eau chaude, dégager le mielleux déposer la matrice dans le bain d’acide pour quelques minutes ou pour un plus long moment.

Je réalise là l’aquatinte, je donne du temps au temps, je sors la plaque de l’eau forte, la lave de toutes ces étapes, mets à nue le temps inscrit dans l’écoulement de lentes heures.

 

L’autre jour

Je suis arrivée aux mots de Rodica pour moi-même, en volées bruyantes, je m’accroche à ses mots, me pends à ses phrases, dévale ses lignes, cours dans le virtuel, j’écris un tatouage sur mes poumons : Road I.C.A.

Un long parcours à visiter en désordre, me l’approprier, tant de pensées communes, tant et temps. Je la découvrirai, la lirai, la savourerai, la goûterai, la donnerai au zinc, à l’acide puis à l’encre, l’étalerai sur mon papier.

 

Maintenant

 

Je joue sur le zinc, encore et en corps. Je l’abîmerai jusqu’à rien, rienne de rien, rien de rienne. Puis ou pluie, je commencerai à neiger. Pli ou pluie.

 

Nuages.

L’automne est là. Le blé blanc c’est pour demain. La tristesse nous vient de la naturalité des choses.

Des larmes en perles de soie.

Fragmentée je m’effrite, dedans ma poussière abonde, je nuage mes os au fond de moi.

 

Mes ombres chinoises, mes contre-jours

-Ma petite sœur qui ne tient plus sur aucune colonne vertébrale. Elle si merveilleusement droite, bamboo incassable. Dire « ma soeur comme on crie au loup ou au feu»  La regarder, figer, tomber cassée…Fixer la barque qui coule, souffrir, sentir son intérieur fragile se déchirer, couler. Descendre en soi, pleurer, s’isoler de l‘absence dans l’absence.

-Monfilsque si grand dans sa tête et dans son cœur. Il conquiert tout ce qu’il touche, approche, il ne le sait pas, il ne sait pas voir sa force. Jeune pousse fragile encore.

 

-Lui, l’ombre la plus déchirée, déchirante. J’assiste impuissante à son suicide, il ne sait pas penser à lui, sa santé. Nous seuls à ses yeux…

 

Skiagraphia-écriture de l’ombre sur les murs

Ombres-mémoires aveugles

Skiagrammes-pour fixer l’énigme de la présence

 

 

24 octobre 2005

 

Melbourne me reçoit…

La 2’ Experimental Engraving Biennial de Timisoare, je saurai demain

 

25 octobre 2005

 

Je peux enfin entrer sur le site de Maria. Pas encore sur celui de Experimental Engraving

(Alex sondage)

 

La performance un art à part entière, une prestation, un événement qui donne à voir celui qui montre.

Ne pas oublier mon aubépine…

 

 

6 novembre 2005

 

Jour de vent, Alex repart…

7 novembre 2005

 

Je serai dans la revue art sur le net, mon travail accepté.

 

3 décembre 2005

 

-Je garde la Galerie aujourd’hui. Je prends connaissance de cette déclaration de Ludmilla Armata :le processus créatif est un enchaînement, un croisement d’impacts, d’émotions,

d’incisions, de décisions.

 

-Mon art est ma participation de manière consciente ou inconsciente à la vie. Je pense en noir et blanc. La couleur est accessoire.

Le présent s’absente dans les fissures du vent. Dans chaque mot se trouvent des œufs de papillons. La lune n’est pas un simple mouchoir.

 

 

-Un mot circule dans l’ombre et gonfle les rideaux…RD

 

 

-Créer c’est confronter des moments vécus, (comme des matières) (concrétiser ma vision intérieure) susciter la rencontre, le verbe, communiquer. Il y a des mots qui sont des coquilles de paroles. Un rêveur de mots entend les rumeurs d’un monde de songe.