Démarche

Dès le début de ma démarche mes œuvres s’inscrivent en suites répétitives. Ces suites se transforment en installation de par la quantité de choses réalisées. La suite pour moi est un rituel qui me permet d’observer, d’apprendre, de faire des choix, une manière de ne pas fermer l’œuvre.

Jusqu’ici, j’ai composé singulièrement autour de la fragilité, de l’intime, du féminin et du temps.

L’artiste n’est pas celui qui sait, il est celui qui cherche.

Mon langage pictural repose sur la dualité de deux principes : l’un gestuel intuitif, l’autre formel de l’ordre d’un choix esthétique. Les œuvres ainsi réalisées ne sont pas des lieux de représentation, elles sont plutôt des espaces de réflexion, de création et de vertige.

L’essentiel est là quand je m’approche de la fragilité des choses.

Au commencement … les mots, ceux nichés au fond des livres, surtout ceux des poètes, aussi ces mots entendus, indiscrétions involontaires, attrapés dans le bus, sur la rue, dans l’intimité ou dans la foule. En silence j’écoute les bruits de la vie, ses mots m’effleurent, me touchent, m’envahissent, m’habitent. Dans la solitude de l’atelier je les ré-entends, les ré-écrits, sur un fond blanc je les étale comme médium, comme signes, comme formes, je les reconstruits bride par bride afin d’en déployer les rythmes intérieurs. Je griffe la matrice, le papier, jusqu’à ne plus voir, ne plus comprendre, j’efface, je cache, je voile et donne à voir l’infinie présence du silence après le bruit, ce lieu ultime. La fluidité de l’encre, l’impermanence du graphite coopère à cette écriture de l’intériorité. Le diaphane  du  support, la fragilité du papier sont des réceptacles privilégiés comme chambre d’écho ou désert de l’imaginaire. Nids de papier d’une volubilité éclose.

Avec le temps …le voyage comme atelier, comme matériel, le dépaysement comme canalisateur d’énergie. Être physiquement présente, m’immerger dans un lieu spécifique fait partie intégrante de mon travail pour élaborer mon projet que je qualifie d’empreinte expérimentale et qui ne sera jamais que mon point de vue, ma version de moments vécus.

Douée d’une curiosité insatiable mon travail est en perpétuelle mutation et je ne peux pas  préciser plus avant mon  projet qui se modifie de toute façon selon les rencontres, les opportunités.

2 réflexions à propos de “ Démarche ”

  1. …voir et ressentir l’infini présence du silence…

  2. christiane gripon a dit:

    tout simplement « BEAU »…avec toute la densité que le mot peut tenir….
    (à rambouillet le 2 avril 2016)
    christiane en yvelines

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