livre d’heures …

 

Champs de mars

Prologue

Je vous suggère de dessiner votre ciel avant de partir. Il faut à main levée, griffonner profiler vos oiseaux dans l’azur. Surtout n’oubliez pas de révéler quelques branches flottantes à la dérive, d’installer quelques cabanes au milieu de nulle part, entre rien et quelque chose. Tous les oiseaux aiment nager sur la neige, la regarder mourir.

Puis regarder votre ciel changé. Le printemps s’annoncer.

 

 

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« Du fond des tiroirs »

Une sélection du Comptoir d’estampes de Wégimont

lundi 19 décembre 2016

À la galerie Wégimont du cinéma Churchill,
du 9 janvier au 27 février 2017

Avec les estampes de : Pol AUTHOM, Roger BERTHEMES, Marie-France BONMARIAGE, DACOS, Solange KOWALEWSKI, Maria PACE, Denise PELLETIER.

Mis sur pied en 1989 à l’initiative de Jean-Pierre Rouge, le Comptoir de Wégimont a pour but de rassembler, conserver, diffuser et vendre des estampes : il compte plus d’un millier d’images de 150 artistes issus de tous les pays d’Europe, ainsi que du Québec et du Japon, et toutes les techniques y sont représentées, de l’eau forte à la lithographie, du numérique à l’héliogravure, mais aussi différents styles, du plus abstrait au figuratif, du plus radical au plus nuancé.

Pol Authom, Famille XV, 2006

Mais derrière la variété des supports ou des sujets, des matières ou des couleurs, derrière le désir de la Galerie de Wégimont de promouvoir la gravure sous toutes ses formes, on retrouve aussi, selon le joli mot de Sophie Horenbach, la volonté du Comptoir de se faire « contoir » ou conteur : en effet, aimait-elle à souligner, l’estampe « permet une écriture artistique à nulle autre comparable, qui offre de nombreux avantages. Elle est un formidable outil d’exploration formelle qui, en étant multiple, permet la démocratisation d’un art ancré (et encré) dans la vie. De plus, souvent légère et liée au papier, elle facilite la diffusion et les échanges entre pays et continents. Enfin, l’estampe est exemplaire par l’infinité de ses possibilités esthétiques : barbes, trames, entailles, impressions, textures, grenures et morsures proposent au spectateur des images qui racontent l’histoire
éclectique de l’image imprimée dans tous ses états. »
Si, évolution des techniques oblige, la nature de l’estampe est de plus en plus floue (mais son estampillage, depuis les célèbres propositions de Warhol, de plus en plus net !), elle connaît depuis quelques années un regain d’intérêt, nous ramenant, à l’époque pléthorique et soûlante du virtuel, à la nécessité d’un rapport plus précieux et intime à l’objet. Parler de trésors cachés n’est peut-être pas alors un mot si vain : c’est bien de pépites que regorgent encore les tiroirs de cette précieuse réserve, dont nous proposons aux murs du Churchill une sélection inédite !

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crédit photo: Marina Boucheï

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Photo et texte: Anne Rochelle

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De bonne heure, ce matin, une citation venue de Grèce dans sa boîte mail. Une jolie déclaration de rupture, sans animosité, sans méchanceté. Une de plus. La nième. Des mois qu’elles s’enchaînent, souvent avec un ton autrement plus violent, et à une cadence qui n’a cessé de s’accélérer. Alors sur le chemin du retour, elle pense, elle pense énormément, forcément. Aux mots entendus hier, lorsqu’elle a parlé à l’amie étrangère. Une Mia en pleurs, qui la suppliait de revenir à la maison, parce qu’il était rentré de voyage accompagné d’une femme. Et puis surtout, ses mots à lui, sur l’écran de son téléphone, qui lui disaient son amour passé, son amour toujours, quand elle le savait aux côtés de cette autre. Comment ne pas se remémorer les premiers jours ? Le cœur palpitant, à l’écouter se raconter. Captivée, enamourée, attendant impatiemment chacune de ses réponses aux messages qu’elle multipliait. La douceur providentielle et tant attendue, la femme-gisement, inépuisable, l’aimée, l’adorée, c’était elle, alors… Mais ces mots-là, désormais, sont pour l’autre, sûrement. Celle avec qui il vient de partager plusieurs nuits, avant même de rompre, la mettant devant le fait accompli. Bien-sûr elle ne peut s’empêcher de culpabiliser. Combien son propre bonheur a du faire le malheur de celle qui l’a précédé. Du cœur au corps tout entier devenu douleur. Oublier. Oublier son visage, quand il lui souriait. Effacer. Effacer de sa mémoire le timbre de sa voix, quand il était tendre. Faire obstruction aux souvenirs du bonheur. Garder en mémoire les mots durs, l’impatience, les mensonges, la tromperie. Le temps de sauver sa peau. De protéger son cerveau. Le temps qu’il faudra, avant de revenir au beau.