Carnet 2017 à suivre

29 janvier 2017

Ouvrière du noir

Il y a longtemps que je tourne en rond autour du vent, de l’orage, du temps, du noir. En mots, en dessins et en gravure, je suis toujours là. Le temps qu’il fait, le gris vent, le tambour d’eau.

Mon essai cherche ses mots.

Ma recherche en arts visuels est bien ancrée depuis plus de vingt ans, bien encrée aussi dans une multitude de techniques de l’estampe. Dans de multiples projets, plus de cent collectifs ou solos. Ouvrière du noir depuis toutes ces années.

Ma démarche, dire, faire, ajouter, envelopper mon sujet principal. Le temps. L’enrichir de mots, d’idées, parler de, autour de, échanger sur, avec…

Après toutes ces années, créer le livre, l’essai, écrire chaque jour sans jamais l’écrire. À chaque retour, je prends une autre route. Je trace un parcours sans fin, sans jamais atteindre le but. Je travaille toujours sur le journal, le livre ne vient pas. Le manque empêche l’essai de naître.

Je parle de la gravure, avant la matrice, pendant les morsures. Les erreurs, les abandons, les retours qui donnent à voir autrement après une longue absence. Pourquoi griffer les zincs, les cuivres, les bois? Pour qui imprimer ces temps mémoires.

Tous ces temps se chevauchent, jamais n’arrêtent.

Commencer par le silence, la noirceur, l’intranquillité, puisque je suis poussée au bas du lit pour atteindre, franchir la porte de l’atelier dès l’aube.

Le silence… faire silence, l’écouter. Dès son premier mouvement, dans toute sa lenteur l’entendre s’étirer, s’élever puis mourir.

Découvrir sa robe sombre, ses écharpes fluides, légères.

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Certains jours mes mains gravent sans moi. L’encre écoute mes doigts d’aube trempés de rosée.

 

20 février 2017

Je m’adresse à vous chère muse,

Pour toutes ces années à vivre ensemble qui méritent bien l’hommage. Vous dire simplement serait dommage. Mais, comment rayonner sur le velours de nos rencontres. J’espère ici déposer le vrai des mots, ceux si juste que l’on sache la place que vous prenez dans ma vie au quotidien.

Avant votre venue, il y avait les camaïeux tranquilles, tous ces blancs sur blancs qui vous sont contrastes. Puis lentement je vous ai vu vous installer là, une première fois, puis une seconde, jusqu’au jour où vous avez pris tant de place, toute la place.

Depuis ce jour à la toute fin de mes projets en arts visuels, toutes mes suites ont trouvé refuge dans vos ombres souvent intimistes, mais parfois se sont aussi éclatées dans vos ciels couturiers.

Que ce soit en estampe ou en photographie, je clos maintenant ces suites nombreuses et confirme chacune avec ces mots « Ouvrière du noir ».

Car je travaille au noir en silence et avec vous dans la lenteur, vous laisse déployer les visages de vos émotions…

C’est dans mes ¨bleu misao¨ que vos racines se sont insinuées la première fois puis dans le tryptique autour des poèmes d’Henri Michaux (l’espace aux ombres) comme il dit.

Lorsque le sous-marin Koursk de la flotte russe a fait naufrage en 2000, le monde entier est sidéré par l’événement.

Comme je suis une éponge, c’est ce fragment de texte de Kolesnikov membre d’équipage, décrivant la catastrophe, l’agonie de  l’intérieur, qui m’emporte lui, dans une voie plus noire encore

« Il fait trop sombre ici pour écrire, mais je vais essayer au toucher. Il semble qu’il n’y ait pratiquement aucune chance, 10 – 20 %. J’espère qu’au moins quelqu’un lira ceci. Voici la liste de membres d’équipage des autres sections qui sont maintenant dans la neuvième et qui vont essayer de sortir. Salut à tous, pas besoin d’être désespéré. Kolesnikov.»

Je réaliserai à partir de là, une première série de 14 estampes au titre inspiré les griffes dans l’eau, j’écris au toucher. Et c’est ici que le plus sombre de vos atouts prend vie, je découvre votre noir d’encre Charbonnel qui ne me quittera plus. Qui m’habite et signe tous mes travaux de création.

Chère noire muse, vos robes sombres habillent d’élégance mes inspirations aux noms  plus floraux : bouquet de pluie / chambre végétale / fleur de novembre / les laissées /  sur un fond blanc /

 

Vos noirs somptueux enveloppent mes : / calme oriental / la fleur inverse / froissement de nuit / l’arbre à pluie / les ancolies / désir en eaux fortes /

 

Votre noire douceur illumine mes : / poussière du soir / désir premier /réminiscence / fugue / soie / pluie /

 

Votre froid, parfois si noir se prolonge dans : / à bout d’ombre/  l’en-dehors / je m’orage / les stèles /archives des griffes /

 

Votre noire lumière donne à voir : / aveugle I see / chambre d’eau / fenêtres avec vue / les lucioles /

 

Votre noir silence exhume : / mémoire nomade / bride-bavarde / prière d’insérer / l’ardoise de l’âme / archives du désir / oreiller d’herbes

 

L’un d’eux, l’outre noir peut-être, parle de l’attente dans : / Kawabata / interroger l’intensité /  le gris vent / le temps qu’il fait.

 

Tous ces titres naissent d’ici et de là, du temps, du livre, du voyage. Sans vous muse noire, ma muse, serais-je muselée?

La couleur dénature, trahie, efface même le travail, on ne voit plus que son éventail, ses nuances. Il me reste ces camaïeux d’hier, avant vous…

 

tambour d’eau / ruthmos / confidences minimales / quiet garden / idea of north /             hiver clinique / muettée /

Tandis qu’avec vous cher noir, mes espaces monochromes dialoguent avec force et chaque jour me transporte dans l’ailleurs.

Ne me quittez pas ma muse, mon noir d’encre, ensemble poursuivons.

Ouvrière du noir.

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Ce grain de folie

mon chat..

Oui, ma bête a ses rituels, ainsi chaque matin, l’artiste au bout de la laisse suit son chat dans sa randonnée matinale.

Dans ce dédale quotidien, mon chat et moi collectons les lumières, les embruns, les ambiances. Mais nous recherchons surtout un état, la lenteur. C’est dans ce mode plus réceptif que nous respirons la grâce offerte et nous, nous en imprégnons.

Quand il s’arrête, je dois obtempérer et l’accompagner dans l’observation rêveuse qu’il entreprend, même si parfois le temps s’étire outrageusement. L’art de prendre son temps, s’affirme comme un impératif au processus créatif chez le chat comme chez l’humain.

De retour à l’atelier, mon poilu s’exécute frais et dispos. Oui, il a quatre pattes, mais seulement deux gants griffés et c’est avec ceux-ci qu’il s’acharne de longues heures quotidiennement. Il s’empare de chaque chute de papier trouvée au sol, il connaît tous les papiers fins à dessins, les Ingres, le Canson, les calques ou les plus épais à gravures, les Somerset, les BFK.

Il préfère de loin les sacs abandonnés dans un recoin de la maison, il aime les recycler. Le sac lui inspire le jeu, la cache ou des envols fulgurants. Quand il l’abandonne, je choisis de le reprendre délicatement, de le décortiquer dans ses moindres détails. Apparaît alors une calligraphie orientale ou même un dessin de Twombly.

Et parfois comme un grain de folie cette observation me précipite en atelier, stimule un  besoin urgent de dessiner, d’expérimenter, je pars d’un simple trait ou d’un fragment d’image, le recrée sur ma plaque de zinc, de cuivre, de plexi, de carton, chaque matrice m’amènera dans un ailleurs singulier. Si je choisis le métal comme expérience, ce sera alors un événement autre qui surviendra selon la matière privilégiée, même le bain d’acide influence, car tout est dans le dosage. Si j’utilise un vernis, ce sera aussi ma pointe sèche dans le vernis dur ou l’empreinte dans le vernis mou qui influencera mon choix et à chaque fois une image nouvelle naîtra. Ce feuil de temps patiemment superposé se poursuit dans un long travail d’analyses, de réflexions, de décisions. J’emprunte, j’adopte au final, ce qui résonne au jour d’aujourd’hui, car ma création est gestuelle et intuitive, souvent floue et insaisissable. Oui, ce début de folie, ouvre sur une création valide.

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 Défense de flâner

Ce jour-là il est allé au parc rejoindre les amis. Ils s’y rencontrent depuis le primaire, mais je sais bien que ce n’est plus pour les balançoires, ni les glissades, ni les jeux d’eau, ni même les glissades en hiver.

Oui, il y a le tennis, le soccer, les filles, les mauvais coups, la St-Jean et peut-être, sans doute… il y a d’autres inconnus. Il y a les expériences interdites, bien sûr Alexandre est trop parfait, jamais il ne s’y frotterait. Brillant et bruyant, mais convenable, j’aime ses amis turbulents, amusants et si polis, confiants et énergiques.

Mais, quel est son intérêt depuis quelques semaines, Marie? Colombe ou Stéphanie ? Ou est-ce ses cours de guitt comme il dit avec Boubou son ami? Il y a de tout cela mais quelque chose m’échappe, ce petit flou qui fait remonter des souvenirs d’adolescences, ceux de sa sœur au même âge, les miens d’un autre temps. Sommes-nous déjà là, à la porte des secousses sismiques du parcours de tout être humain?  Sans doute!

Comment savoir? Être rassuré? Comment éviter le pire sans brusquer l’être en devenir. Surtout demeuré aux aguets, vigilante, ne pas bousculer l’arbre qui grandit.

Ce soir-là il est revenu à la maison avec un panneau règlementaire du boisé DÉFENSE DE FLÂNER j’ai su que je ne savais pas.

J’ai su qu’il s’enracinait avec ses questionnements mais aussi avec ses réponses à lui.

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26 mars 2017

L’heure du thé par Denise Pelletier

Après le printemps des poètes, le mois de la poésie. La poésie à l’heure du thé n’en finit pas de courir. Elle change de scène, les lieux se multiplient, meurent. Elle aura ou n’aura pas lieu. Des poètes s’effacent, s’ajoutent, disparaissent, où sont ses organisateurs. 18 années de présences/d’absences, de délires.

Cette année la poésie se referme davantage, elle s’annonce dans des salons privés, avec une ouverture restreinte, 20 places assises, éditée à l’instant même. Le matin du jour J, on joue à la roulette russe pour entendre le poème, lequel? Pour la nuit de la poésie, la Maison de la littérature s’annonce à grand coup de carabine avec comme invité l’américain Peter Weir. Un bilan en somme très animé, guerrier même.

Pour 2017 je choisis de participer autrement et au Québec seulement. Je choisis de me joindre à la librairie Laliberté pour maintes raisons : ce libraire encourage maints événements scolaires au cœur de la ville, maints artistes et dans un respect irréprochable. J’y viens aussi dans l’espoir de rencontrer Jean Désy, ce poète nature dont j’admire l’œuvre prolifique. Dans les jours précédents l’événement, j’apprends son désistement. Je suis déçue, mais, j’apprends l’ajout d’un poète d’ici que je n’ai ni vu, ni lu depuis 20 ans, ce sera une note positive, qui sait?

J’arrive toujours avant le pilote, le chauffeur, je suis bonne première. Lentement d’autres gens entrent, arrivent, une vingtaine d’étudiants du Troisième âge en poésie, rencontrés lors de mon premier trimestre. Ils sont 25 membres tissés serrés, amoureux de poésie, étudiants sous la tutelle exclusive (leur choix personnel) de Miche Pleau, poète professeur d’ici.  Nous nous dévisageons, le cercle fermé s’interroge.

Puis débute la rencontre, 9 artistes invités, chacun d’eux entamera une lecture par intervalles chronométrée. Outre le sourire contagieux de Marité Villeneuve, cette phrase m’interpelle : ¨je ne sais ni lire ni écrire, je ne sais qu’épeler¨, je note pour chercher dans quel livre, dans quel contexte elle a écrit ces mots. Piège! Me voilà captive sur Les 7 sites de l’Édifice, site de propagande de franc-maçon, je lis pour trouver le poète quelque part en bout de piste. Rien. Je déchante. La lecture de Richard Fournier me fait découvrir la théâtralité d’un homme de mots, ses haïkus séduisent, sans plus. Ré-entendre Monique Laforce me ramène en arrière, aucune étincelle et en librairie les recueils du Loup de gouttière confirment l’absence de renouvellement. Cette petite maison n’édite plus sous cette bannière depuis 2008.  L’hommage aux auteurs croisés sur son cheminement ne participait pas à mes espérances. Normand Génois, balayeur d’aube, coureur des bois, maîtrise magnifiquement, amoureusement la langue, ne bouscule pas la grammaire. Peut-être mon réconfort de cette fin d’exercice, ce qui m’a manqué la saveur d’une langue neuve.  Le vif d’écrivains vivants.

Je retiens de mon expérience cette réponse que je me suis faite à ma propre question. Mais que fais-tu là?

Je me fais du bien, assise dans le lieu entouré de milliers de livres, j’écoute le livre se livrer par la bouche de la main qui l’a écrite.

16 avril 2017 

Des mètres mots repliés

Imprégnée des livres d’heures de Jane Sautière l’aventure renouvelée de Laurent ROY m`emporte sur des chemins de patience. Je ne sais plus du tout où je suis, sur la toile ou dans le silence de l’atelier d’encre? Mais je sais ici, un quatre mains d’exception, l’osmose de deux solitudes déposée là.

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19 octobre 2017

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la rue a un autre rythme      plus jamais ses trottoirs de bois      ni le cheval aveugle du livreur de glace      pas même la petite gare de trains voyageurs      la voie ferrée son collier de traverses      non plus   la chorale des vitres tremblantes      des poignées de tiroirs      au passage vibrants des trains rouillés      l’atelier de pinces à linge   de boîtes à munitions ont disparues      le bitume sec   désertique      les peupliers ne transpirent plus      n’y sont plus      dans la vague   à bas bruit      face à face      jardin d’hier      allée d’ormes      la grande terrasse       aux quatre vents      retient nos tourbillons fous      courir aux fenêtres de l’étage      regarder le faîte des feuillus      le dos du lac      la lumière   danser sur l’eau   s’exiler      debout sur l’aube      où sont partis Colette et Hadrien?      leurs ouananiches et leurs bonbons?

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Pourquoi la poésie

 

Pour dessiner à mes enfants, leurs survivants; ma maison, mon jardin de liberté, pour y déposer la nature qui m’entoure. Pour leur faire entendre la musique du vent dans les feuilles.

Pour se tenir debout dans la tourmente, traverser le désordre universel qui sévit, nous tue, tous. Pour taire, essuyer ses larmes de suie. Pour archiver ses souvenirs les plus doux et même les plus fous.

Pour qu’ils reconnaissent les fibres de leur mémoire qui leur font des rêves vagabonds. Pour voyager à l’envers, se retrouver et enfin se dire leur joie d’être vivant et faire se chanter les mots.

Se dire des je t’aime ivre de tendresse. Pour chanter l’amour encore et toujours.

Plus que tout; pour vivre en profondeur, me concentrer sur ce qui me plaît en création, en art, en contemplation, méditer.

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Le corps écrit avec les verbes de Butor

ceux qui roulent mousse lentement roulent couchant à fleur d’eau   nostalgie ceux qui glissent humides lentement glissent rosées noires   ceux qui tournent paresseux lentement tournent neige étrange ceux qui caressent ailes brisées lentement caressent lignes envolées ceux qui serrent plumes nouées lentement serrent ramures enchevêtrées   treillis ceux qui embrassent la chrysalide lentement embrassent miroir d’aube   impatience ceux qui germent nœuds de lumières lentement germent enluminure ceux qui fleurissent bulbes lentement fleurent rouges embrasés   commencement ceux qui palpitent fourmilière de velours lentement palpitent l’alcôve de l’amant ceux qui respirent parfum de lune lentement respirent tremblements d’oiseaux   bruine de nos serres

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Livres d’artistes

Mes livres d’artistes retracent le chemin parcouru, mes rendez-vous, les affinités, les multiples échanges, correspondances, jeux, entre le poète et moi, le relieur et moi, les poètes et moi illustrateur-graveur-relieur, ou mes moi (poète-graveur-photographe-relieur).

À deux mains, quatre mains, essais-erreurs, promenades, trekking même, longs périples, va et vient sans fin. Décisions, contraintes, retards, recommencements, perte, abandon. Leçons de patience, de tolérance. Traversée poétique au quotidien, rencontres avec l’ami présent, l’absent.

L’ouvrier de l’imaginaire, se joue des strophes, des vers, de la typographie même…

L’ouvrière du noir travaille en eaux fortes

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Murmures des jours 2017

 

            Plus tard, peut-être…  j’écris en aveugle dans l’obscurité de l’oubli… dans le poème l’infini des mots dessine des volutes, des fugues, je cris d’oreille aux bruissements des mots, jusqu’à ce que le bruit des feuilles deviennent doux. Poésie rompue, déposé là… Dans la chaleur du sombre, je tisse une phrase à l’endroit, une phrase à l’envers, coalescence du passé, du présent. L’inattendu de ses phrases, poème de vertige comme 8 mouvements sur une branche brassée par le vent…

            Mon théâtre d’été, son désordre aérien où tout s’élève, les concerts d’oiseaux, la brume matinale, les libellules. Rien ne cache rien. La lumière des fougères illumine le matin calme, l’ombre de l’ombre.

            La main aveugle fouillant la terre, ouvreuse d’écriture. Par centaines, des ailes déchirent le silence, les lettres de mon père, ouvroir, germoir.

            Où sont allés les mots du poète? Où s’en est allé le poète, ses mots…

            Dans la tissure des lumières aériennes le cantique des oiseaux. Souffles chauds, flore sauvage, parfois le geaie me griffe la nuque. 

            Dépôt de cailloux, trou noir, bouche béante, la bête creuse son nid. Les nuits n’ont plus d’étoiles ni de bruits secrets. Les ordres de la nuit porteuses d’ombres.

 

CÉLINE = …

 

            J’aurais voulu nager là encore avec les nuages, quitter mon nid d’oiseaux, mon livre vert. Les mains ouvertes des fougères illuminent les eaux refermées du marais, le sol tapi de branches éparses. Les aulnes en feuilles et en fleurs griffent aux fenêtres. Sur la table, écrire des bouts de bleus muets, le silence de la forêt, les bruissements du vivant.

            Le vent court en bas. Le cri des corneilles, il pleut des cordes, la baignade est annulée. Les oiseaux s’affairent à recoudre le ciel.

            Mon toit en abîme, gruger par le vent d’hiver… pelures et nuages de sable. Ma mère allumait la lampe pour éloigner les ombres de nous.

 L’écharpe rouge- l’atelier sous l’horloge- Je regarde et il n’y a que du noir, c’est là où j’avance le mieux, les bruits du temps à ma fenêtre. Dedans/dehors, l’envers/l’endroit. Les eaux mêlées, larmes d’encre, j’écris le livre froissé, les ailes brisées.

***            

Petit éloge du calque décousu

de brume de craie

vapeurs de givre

gaze de clapotis

 

calques d’hiers

de bruine d’orage

de neige de tempête

 

le ruisseau la rivière le lac

les eaux mêlées le fleuve

chemin du Nord

 

 

Théâtre d’été

À cloche pied  la marelle——-Julio Cartaza

Galets et lenteur

La courte paille

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13 nov.2017

Dans le silence de l’atelier

 

le miroir des songes

rythmé de voyages intérieurs

dessine l’ouverture

 

trouées de lumière

champs d’ombre

 

le graveur

avec force et délicatesse

du bout des doigts

griffe, graphe

sa partition

 

du creux des mains

au cœur des langes

le graveur

interprète une symphonie

en blanc et noir

 

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 Denise Pelletier texte pour Partita 2010 Paris et photo de l’atelier Frans Masereel Centrum, Kasterlee 2000  DP copyright 2017