Carnet 1998 à suivre

1998

Je vois l’odeur d’un son image qui surgit, puis glisse en arrière, être assez rapide je l’attraperais pendant qu’elle passe dans mon dos, mais, impossible…les mains seules peuvent modeler l’image, montrer son image, mais comment faire confiance aux mains…propos de Karen Trask

Blancs de mémoire (le titre n’est qu’un prétexte).

Mettre en parallèle le travail répétitif sans début ni fin, explorer les litanies rythmiques, donner à voir le souffle de chacun, chacune: Marthe Wery : trame lignée en gravure, Agnès Martin: trame carrelée en dessin, Miranda Tang: trame investie de braille pour aveugle, Clara Halter, Ryman, Annie Cohen. Commencer par une préface à faire rêver (un amoncellement de pages blanches, donner à voir le souffle femmilier. Une oeuvre installative. Accoucher d’un amalgame étoffé, enrichi  d’une année de recherche dans les catalogues d’expositions, livres liés à ces artistes, films, videos. Faire à partir de mon journal de bord (découvertes) un document unique et enfin avec mon langage plastique leur rendre hommage. Quelques choses de blancs

Un travail de répétition, explicitement, consciemment, une anthologie de blancs de mémoires. Mon travail ne se photographie pas, cela prouve qu’il y a quelque chose de particulier…la lumière ne se photographie pas. Comme l’idéogramme chinois « regarder avec ses yeux pas avec ce qu’on a dans la tête».

Toute connaissance humaine est inutile dans le travail artistique. L’esprit se divise en deux : un esprit extérieur qui enregistre les faits, un esprit intérieur qui dit oui, non. Lorsqu’on pense à ce qu’on devrait faire, l’esprit intérieur répond oui et c’est l’exaltation. C’est ce qu’on appelle l’inspiration. Pour l’artiste c’est la seule solution. Il ne doit écouter que son seul esprit. Agnès Martin

Lacan dit que l’inconscient est le discours de l’autre. L’inconscient est porteur de toutes les traces des autres en nous. L’inconscient est un résidu de ce que tout autre y a laissé.

L’artiste Chuang Tzu invite les artistes, penseurs, poètes, auteurs à ne pas regarder ni écouter les autres mais à explorer son esprit et son âme.

Pâques 1998

Un point final, un tournant.

Biennale Art et Papier III Ottawa = Acceptée

Nuit de la Gravure, Open Studio, Toronto =Acceptée

Les Femmeuses Montréal= Acceptée

 

Journal Intime refusé : Axe Néo 7/ Là, Trois-Rivières /Mont-Laurier/ Gatineau/ L’imagier Aylmer/ Matane/ Biennale de Montréal/ Chambre Blanche, Québec/ La Centrale, Montréal/

Demande de Bourse au CALQ pour le projet Anthologie= Refusée

 

Le désir de retenir ce qui fuit, de ne pas laisser échapper ce qui passe. Moments notés sur le vif, constituent un univers privilégié où j’aime me retrouver. L’acte de l’artiste est avant tout l’expression de sa difficulté de vivre, il donne à ses angoisses, à ses rêves, à ses frustrations comme à ses espoirs; il dit l’existence. L’art= expression du sentiment intérieur, aveu, confession, chant de l’âme en liberté.

Le sage en méditation est comme un bassin d’eau où les poissons sont endormis. Kälidäsa

Tout paraître est imparfait : il cache l’être, c’est à partir de lui que se construisent un vouloir être et un devoir être ce qui est déjà une déviation du sens. Vouloir dire l’indicible, peindre l’invisible. L’imperfection apparaît comme un tremplin qui nous projette de l’insignifiance vers le sens. Esquisses et ratures= fleurs de cahiers. Sans pensée les mots tachent. Vidée de mon encre je ne suis qu’une page blanche.

 

Les gens se donnent des baisers bien trop pressés.

 

Vidée de mon encre= une page blanche

Fleurs de cahiers=esquisses et ratures   sans pensées les mots tachent

Michel Leiris a vécu lucidement le fendillement en lui-même a assimilé les craquements intérieurs ses titres : brisées, biffures, fourbis, fébriles, frêle bruit…

J’accomplis mon apprentissage en vivant une sorte de rituel dans mes multiples toujours. Partir en moi, materner l’encyclopédie, désir d’approfondissement du féminin… du féminin comme un nouveau rapport au monde.

Implants : ronds à broderies, coton fromage comme matrice, broder le mamelon + ajouter des photographies de mains qui cousent, qui épinglent, qui brodent…

Relire : Annie Cohen…

Relire : Le monolinguisme de l’autre- Jacques Derrida

https://docplayer.fr/4668-Jacques-derrida-le-monolinguisme-de-l-autre.html

de Bellechasse : souffler la lumière          de Rimouski : un salut douce je m’en fou! quelle aille au balai! St-Grégoire : farine=fleur   Du Bic bas du fleuve peigne =démêloui

Projet parure / envelopper les souliers, attacher  ajouter une tache rouge de pigment

Chemisette bleu en République Dominicaine, pour tous, pauvres ou riches. Dans la cabane ou dans le palais. Le ruban, la boucle sur l’uniforme.

Mouchoirs…

Relire : les fines attaches de Georges Lambrichs Gallimard/ papiers collés de Georges Perros/ la feuille repliée de William Maxwell/ le livre des jours de Taha Hussein/ le ruban au cou d’Olympia de Michel Leiris

Voir plieurs de papier (Colloque, de l’art les bords)

 

Illusions

Le temps au beau

Le calme nous habite

Il  va bien il est si beau

Il est si intelligent

 

Ses boucles se déchaînent comme ses pensées parfois

Il se décoiffe ainsi pour être présentable

Se dessine une image ou se crée un personnage

Pour entamer sa journée pour passer en société

 

Il passe des heures à caresser sa peau à arracher ses blessures

Puis s’enveloppe de pelures irritantes aux regards

Offre sa moue boudeuse son œil arrogant, offensant